10/04/2005

Céleste commence son blocus

Voilà, Céleste est en plein blocus.
Elle fait des maths, une matière qu'elle n'a pas encore vue. Elle fonctionne avec un livre que j'ai trouvé où se trouve la théorie, des exercices et la solutions aux exercices.
Je suis fière d'elle : en une heure de travail, elle me dit " Oui ce livre est bien fait, la théorie y est bien expliquée, et je constate, grâce aux corrigés des excercices, si j'ai bien compris. Jusqu'à présent cela va. "
 
Et voilà, les premiers pas de l'école à la maison qui se font avec le "maître ignorant" que je suis !
Comme le dit Jacotot : le livre suffit aux explications. Personne ne doit en rajouter, en rajouter signifie qu'on estime que l'élève et bête et qu'il ne peut pas comprendre.
Je me contente de donner à Céleste une discipline : des poses, bien boire de l'eau, une pose plus longue où elle se détend un bon coup, l'encourager, la masser parfois et si cela est nécessaire.

13:43 Écrit par CatherineLS | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/04/2005

Peinture

J'ai 6 jours de libres, de solitude !
 
YEEEE !
 
 
Philippe est en France avec les enfants, Céleste est à la mer avec ces amis et je suis enfin là, seule, devant mes chevalets !
Cela fait longtemps que je n'ai plus peint , je n'arrive pas à m'y replonger comme cela, mais je me réjouis de ces 6 jours.
Peindre, lire, me  promener avec les chiens, c'est  juste ce qu'il me faut pour me ressourcer ! 
 
 

12:00 Écrit par CatherineLS | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les raisons probables de la distractions de certains enfants.

" NR : Mais comment susciter le désir d'une telle aventure, y compris pour une institution scolaire ?

JR : Ce problème pour Jacotot ne se pose pas sous la forme habituelle : comment motiver celui qui n’est pas motivé, comment l’enfant, l’ignorant va-t-il apprendre quand il n’en voit pas l’intérêt ? Jacotot va au cœur même de cette expression : « ne pas en voir l’intérêt ». Ce qui est en jeu ce n’est pas tant une paresse ou une réticence, mais une structuration symbolique du monde. Parce qu'au fond qu'est-ce que c'est que vouloir ? C’est se reconnaître membre d’un certain type de communauté. Et ce qui fait obstacle au désir d’apprendre c’est le sentiment qu’on a pas besoin d’apprendre, que le savoir que l’on possède est en réalité supérieur à celui qu’on nous propose. L’ « ignorant » qui dit : « c’est trop compliqué pour moi », dit que ce savoir est inutile, et que seul compte pour lui la conduite pratique des affaires.

La paresse est en réalité une vision du monde. Ce que je ne comprends pas, c’est ce dont je n’ai pas besoin. "Je ne comprends pas" n'est pas seulement une antiphrase, cela laisse entendre : j'ai assez de savoir de ce qui est réellement important pour ne pas m'occuper de ces futilités. "

extraits de : http://institut.fsu.fr/nvxregards/28/28_ranciere.htm


11:52 Écrit par CatherineLS | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

Des liens et des extraits sur Jospeh Jacotot

Joseph Jacotot, peut-on enseigner sans savoir ?
Présenté par Philippe Meirieu, chapitres d'Odette Bassis et Maria-Alice Médioni du G.F.E.N.

Joseph Jacotot défendait la thése selon laquelle il faut confier l'enseignement d'une discipline à quelqu'un qui ne la connaît pas. Pour lui, quand on explique à l'autre on le prive de l'essentiel : trouver par lui-même. Le "maître explicateur" dresse, conditionne. Emanciper requiert tout autre chose : que le maître mette l'élève en position d'élaborer le savoir et de trouver la vérité par lui-même. Pour lui, tous les hommes peuvent accéder à toutes les connaissances dès lors qu'on fait le pari de leur intelligence et que l'on crée des situations où ils peuvent apprendre.

PEMF, "L'éducation en questions", 2001, 47 p., 6,40 €

 

http://www.irdp.ch/resumes/31677.html

http://multitudes.samizdat.net/article.php3?id_article=1736

http://www.ac-nancy-metz.fr/ia54/ienbriey1/doc_peda/ens_a...

http://institut.fsu.fr/nvxregards/28/28_ranciere.htm


Sommaire

11:37 Écrit par CatherineLS | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

à propos de Joseph Jacotot

Connaissez-vous Joseph Jacotot ?

Non sans doute, comme moi jusqu’à la lecture du livre du philosophe Jacques Rancière.  Le parcours et la philosophie de Joseph Jacotot y sont admirablement commentés. 

Jusque là, il avait cru ce que croient tous les professeurs consciencieux : que l’affaire du maître est de transmettre ses connaissances à ses élèves pour les élever par degrés vers sa propre science.  Or, le hasard en décida autrement.  Lors d’une expérience, une évidence s’imposa à son esprit : les explications ne sont pas nécessaires.  Il faut renverser la logique du système.  Expliquer quelque chose à quelqu’un, c’est d’abord lui démontrer qu’il ne peut pas le comprendre lui-même.  Or, pour lui, tous les hommes peuvent accéder à toutes les connaissances dès lors qu’on fait le pari de leur intelligence et que l’on crée des situations où ils peuvent apprendre.  En fait, les hommes développent l’intelligence que les besoins et les circonstances de leur existence exigent d’eux. 

Il défendait l’idée qu’on peut enseigner ce qu’on ignore si on émancipe l’élève, c’est-à-dire si on le contraint à user de sa propre intelligence.  Qui enseigne sans émanciper abrutit.  En effet, le « maître explicateur » dresse et conditionne.  Emanciper recquiert tout autre chose : que le maître mette l’élève en position d’élaborer le savoir. 

Ce livre est d’une grande richesse pour les enseignants et les animateurs.  Leur mission est de relever ceux qui se croient inférieurs en intelligence, de les faire sortir du marais où ils croupissent : non pas celui de l’ignorance mais celui du mépris de soi, du mépris en soi et de faire des enfants des hommes émancipés et émancipateurs.
Un défi à relever dans la lignée de ce promoteur de l’émancipation intellectuelle qu’était Joseph Jacotot !

Maryanne GODERNIAUX



11:12 Écrit par CatherineLS | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/03/2005

"le maître ignorant "

Voici déjà quelques extraits du dernier livre que je lis.
 
" Entendons-le bien, et , pour cela, chassons les images connues. L'abrutisseur n'est pas le vieux maître obtus qui bourre le crâne de ses élèves de connaissances indigestes, ni l'être maléfique pratiquant la double vérité pour assurer son pouvoir et l'ordre social. Au contraire, il est d'autant plus efficace qu'il est savant, éclairé et de bonne foi. Plus il est savant, plus évidente lui apparaît la distance de son savoir à l'ignorance des ignorants.  Plus il est éclairé, plus lui semble évidente la différence qu'il y a entre tâtonner à l'aveuglette et chercher avec méthode, plus il s'attachera à subsituer l'esprit à la lettre, la clarté des explications à l'autorité du livre.  Avant tout, dira-t-il, il faut que l'élève comprenne, et pour cela, qu'on lui explique toujours mieux.  Tel est le souci  du pédaguogue éclairé : le petit comprend-t-il ? Il ne comprend pas. je trouverai des manières nouvelles de lui expliquer, plus rigoureuses dans leur principe, plus attrayantes dans leur forme ; et je vérifierai qu'il a compris.
Noble soucis. malheureusement, c'est justement ce petit mot, ce mot d'ordre des éclairés - comprendre - qui fait tout le mal. C'est lui qui arrête le mouvement de la raison, détruit sa confiance en elle-même, la met hors de sa voie propre en brisant en deux le monde de l'intelligence, en instaurant la coupure de l'animal tâtonnant au petit monsieur instruit, du sens commun de la science. Dès lors qu'est prononcé ce mot d'ordre de la dualité, tout perfectionnement dans la manière de faire comprendre, cette grande préocupation des méthodistes et des progressistes, est un progrès dans l'abrutissement. L'enfant qui ânonne sous la menace des coups obéit à la férule, et voilà tout : il utilisera son intelligence à autre chose "
 
Cet extrait me fait énormément réfléchir !
Je me rends en effet compte, en pensant à mon attitude avec Orian, que je lui explique parfois trop, je vérifie s' il a compris.  Peut-être que parfois, je devrais le laisser devant la nécéssité de comprendre par lui-même , à partir du moment où il a devant lui, dans son livre, une explication, il a en effet l'intelligence de pouvoir comprendre par lui-même.
 
Autres extraits :
"Comprendre n'est jamais que traduire, c'est-à-dire donner l'équivalent d'un texte mais non point sa raison "
 
" Ils étaient allés comme on ne doit pas aller, comme vont les enfants, à l'aveuglette, à la devinette. Et la question se posait alors : est-ce qu'il ne fallait pas renverser l'ordre admis des valeurs intellectuelles ? Est-ce que cette méthode honnie de la devinette n'était pas le vrai mouvement de l'intelligence humaine qui prend possession de son propre pouvoir ? "
Bonne question ! Moi qui m'inquiétais qu'Orian allait toujours "à la devinette " j'ai bien tort il semblerait....... 
 
" L'enfant qui répète les mots entendus et l'étudiant flamand "perdu" dans son Télémaque ne vont pas au hasard. Tout leur effort, toute leur exploration est tendue vers ceci : une parole d'homme leur a été adressée qu'ils veulent reconnaître et à laquelle ils veulent répondre, non en élèves ou en savants, mais en hommes ; comme on répond à quelqu'un qui vous parle et non à quelqu'un qui vous examine : sous le signe de l'égalité "
 
" Cette méthode de l'égalité était d'abord une méthode de la volonté.  On pouvait apprendre seul et sans maître explicateur quand on le voulait, par la tension de son propre désir ou la contrainte de la situation. "
 
" Il y a a abrutissement là où une intelligence est subordonnée à une autre intelligence. L'homme - et l'enfant en particulier - peut avoir besoin d'un maître quand sa volonté n'est pas assez forte pour le mettre et le tenir sur sa voie. mais cette sujétion est purement de volonté à volonté. Elle devient abrutissante quand elle lie une intelligence à une autre intelligence. Dans l'acte d'enseigner et d'apprendre il y a deux volontés et deux intelligences.  On appellera abrutissement leur coïncidence.  Dans la situation expérimentale crée par Jacotot, l'élève était lié à une volonté, celle de Jacotot, et à une intelligence, celle du livre, entièrement distinctes.  On appellera émancipation la différence connue et maintenue des deux rapports, l'acte d'une intelligence qui n'obéit qu'à elle-même, lors même que la volonté obéit à une autre volonté. "
 
"Or Jacotot n'avait rien transmis. Il n'avait fait usage d'aucune méthode. La méthode était purement celle de l'élève "
 
" L'expérience pourtant dépassa son attente.  Il demanda aux étudiants ainsi préparés d'écrire en franças ce qu'ils pensaient de tout ce qu'ils avaient lu (les étudiants étaient tous de langue flamande n'ayant jamais parler le français ) Il s'attendait à d'affreux barbarismes, à une impuisance absolue peut-être. Comment en effet tous ces jeunes gens privés d'explications auraient-ils pu comprendre et résoudre les difficultés d'une langue nouvelle pour eux ?  N'importe ! Il fallait voir où les avait conduits cette route ouverte au hasard, quels étaient les résultats de cet empirisme désespéré.  Combien ne fut-il pas surpris de découvrir que ces élèves, livrés à eux-mêmes s'étaient tirés de ce pas difficile aussi bien que ne l'auraient fait beaucoup de Français . Ne fallait-il donc plus que vouloir pour pouvoir ? tous les hommes étaient-ils donc virtuellement capables de comprendre ce que d'autres avaient fait et compris ? "
(Les étudiants avaient été interrogés sur Télémarque, lu en français, juste avec une traduction flamande en vis-à vis. )
 extraits du livre " le maître ignorant " de Jacques Roncière dans l'édition 10/18
 
 

20:52 Écrit par CatherineLS | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/03/2005

Un livre !

J'ai peu de temps ce soir.
Mais il est important que j'écrive ceci :
Céleste a décidé de se donner un objectif très précis : elle va passer son examen d'admission à la faculté universitaire de St Louis, à Bruxelles. Cet examen porte aussi le nom plus connu de "examen d'entrée  d'agronomie". Il vaut le diplôme de fin d'études secondaires, ou bac pour les français. Il lui ouvre toutes les portes dans toutes les universités ou écoles supérieures pendant les troix années qui suivent sa réussite à cet examen.
 
Les premières épreuves auront lieu vers la mi-Mai.
Le premier but est de se donner un objectif, le deuxième est d'essayer de réussir.
Si elle réussit, tant mieux, elle aura, en juin, fini ses études secondaires supérieures et si elle ne réussit pas, c'est pas grave, elle n'a que 16 ans et  toute l'année prochaine pour s'y repréparer tranquillement.
 
Dans l'objectif de préparer cet examen d'admission, nous avons été acheter les trois livres qu'elles devra présenter pour l'epreuve de français. Parmis ces trois livres, il faut un essai.  En cherchant ensemble, j'ai découvert celui-çi : " le maître ignorant " de Jacques Rancière, philosophe, dans la collection 10/18.
Je jubile en le lisant. ( non, non, ne comptez jamais sur ma modestie ..... ! )
Ce livre répète tout ce que je pensais par intuition : pas de besoin de maître-explicateur et connaisseur pour apprendre !
 
Je recopie ici juste le résumé :
" En 1818, Joseph Jacoto, révolutionnaire exilé et lecteur de littérature française à l'université de Louvain, commença à semer la panique dans l'Europe savante.  Non content d'avoir appris le français à des étudiant flamands sans leur donner aucune leçon, il se mit à enseigner ce qu'il ignorait et à proclamer le mot d'ordre de l'émancipation intellectuelle : tous les hommes ont une égale intelligence.  Il ne s'agit pas de pédagogie amusante, mais de philosophie et de politique. Jacques Rancière offre, à travers la biographie de ce personnage étonnant, une réflexion philosophique originale sur l'éducation. la grande leçon de Jacotot est que l'instruction est comme la liberté : elle ne se donne pas, elle se prend !"
(donc, tant qu'un enfant n'a pas envie de "prendre " l'instruction, cela ne sert à rien, à rien, à rien ! )
Je suis prète à recopier ici chapitre après chapitre tant ce qui y est dit va dans mon sens. (évidemment ! ) Mais je me contenterai, à contre coeur, de ne donner que quelques extraits de temps en temps.
 
Je l'ai en main , ce livre, que depuis quelques heures et il me donne des pistes fantatisques pour Orian.
Mais je dois y aller, je partagerai encore ce livre au fur et à mesure que je le lis.
Je le conseille entre autres à Thalie pour son Quentin qui semble comme mon Orian, prêt à la distraction dès qu'elle se présente.  Je crois que dans ce livre, nous comprendrons pourquoi cette distraction, et je viendrai partager ici ce que j'y découvrirai.
 

19:51 Écrit par CatherineLS | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |