11/05/2005

Rester intègre avec soi-même

Depuis quelques semaines déjà que Céleste s'est inscrite à l'examen d'admission à Saint Louis (Bruxelles), nous avons eu le temps de constater que c'est un défit énorme.
 
Bon, soyons honnête : une vraie folie en fait.
 
Elle a  été inscrite en toute hâte, le dernier jour ouvrable pour les inscriptions. Nous avions donc pas eu le temps d'avoir conscience de  toutes les matières à étudier.
Pour Céleste, il ne s'agit pas seulement d'étudier mais d'apprendre, d'assimiler  des matières pas encore vues jusque là et ensuite seulement d'étudier. Normalement, ce n'est que l'année prochaine, en juin 2006, qu'elle devait passer cet examen. Celui -à ou bien le Jury Central.
 
Très vite, nous nous sommes rendues compte du travail à faire, casi impossiible à faire en un mois et demi de temps.
Nous avons donc baissé les objectifs pour les rendre plus réalistes. Céleste étudiait ce qu'elle peut, présente ce qu'elle peut et si elle réussit, c'est un miracle tout simplement.
 
Seulement voilà , je ne suis pas contente de moi !
J'ai poussé ma fille dans exactement ce que je critique et je refuse : un stress ingérable !
Je suis d'accord pour le stress normal, gérable, celui qui est naturel.
Mais en tout cas pas pour un stress inutile et trop élevé car, ingérable dans le temps.
Ingérable : je veux dire par là qu'il est impossible sur un laps de  temps trop court  pour permettre à céleste d'acquérir une nouvelle matière en math, géographie, histoire, biologie et même français (trois livres à lire, à bien connaître, l'époque des écrivains, leur messages, etc...).
 
Elle travaille le plus qu'elle peut : quatre heures pleines !
Seulement quatre heures diront certains étudiants ?
Oui, mais ce n'est pas que de l'étude, c'est à dire une révision de ce qui a déjà été acquis et étudier une fois. C'est quatre heures où elle comprend seule ses maths, sa biologie, ou elle fait les recherche en histoire car tous ces cours là, elles ne les a jamais eus, c'est de la géographie nouvelle pour elle. Pendant quatre heure, elle travaille à du haut rendement, elle doit comprendre par elle-même, elle n'a pas de professeurs qui lui expliquent et elle, d'un côté, qui n'a qu'à écouter. C'est plus d'efforts pour elle que pour d'autres élèves qui ont un professeur qui explique tout dès la moindre question.  Elle a des efforts de recherche par elle-même à fournir. Si elle a une question, c'est elle-m^me  qui doit y donner la réponse, et pas un professeur.C'est dur mais je reste persuadée que je l'arme mieux pour le  futur de cette façon là qu'en étant "gavée" par le la matière intellectuelle.
 
Voyant que cela lui est impossible sur un mois et demi de blocus, voyant ses symptômes physiques d'over-stress se manifester, je lui rappelle sans cesse que cet examen d'adimission n'est pas une obligation, mais un simple défi, un prétexte pour avoir un objectif.
 
Céleste, toute perfectionniste qu'elle est, et lucide en plus, ne peut s'empécher de voir que c'est impossible à réaliser et toujours encore dans une attitude de "bonne élève" elle voit trop l'échéance "examen à réussir" plutôt que "défi à relever".
 
Au fond de moi se bataillait la Catherine intègre, et celle qui ne veut pas déplaire au "quand-dira-t-on".
Je lui ai proposé alors de baisser encore la barre des objectifs et de viser un seul examen et de le travailler le mieux qu'elle pouvait.
- Non Maman si je le rate, c'est encore plus la honte que de tout rater parce que je n'ai pas eu le temps de tout travailler. Je préfère continuer à faire tout ce que je peux et on vera bien.
 
De mon côté, je n'étais toujours pas satisfaite, je me trouvais lâche, c'était toujours en pensant à ce que j'allais entendre que j'encourage Céleste à passer ces examens. J'avais pas envie d'entendre " Catherine ne sait pas ce qu'elle veut, elle change tout le temps d'avis, elle ne pousse pas assez sa fille, elle va la marginaliser "
Alors que je sais très bien ce que je veux !
Ou je ne veux pas en tout cas !
Je ne veux pas imposer à une enfant de 16 ans un stress qu'elle ne doit pas encore connaître. Cet examen c'est l'année prochaine qu'elle devait le passer, donc, pourquoi s'inquiéter ?
 
Ce que cette inscription a eu de bon, c'est qu'elle s'est remise au travail, qu'elle expérimente de travailler pour elle, et non pour plaire à un prof ou pour eviter des menaces.  Je suis en faite très fière de son courage,de sa détermination et de sa discipline. 
Elle marque chaque minute où elle travaille et chaque minute où elle fait une pose. (Flute alors : "pause" ou "pose "?  Je ne me souviens pus déjà !)
Voyant Céleste déprimer malgré ses efforts, je lui ai honnêtement parlé :
- Chérie, si je te pousse encore à passer ces examens, c'est surtout à cause du "quand-dira-t-on". Je n'ai pas envie qu'on pense que dès qu'il y a un effort à faire, nous baissons les bras. Alors que nous avons bien conscience que c'est impossible de réussir tous ces examens ! Disons que tes efforts ne porteront pas le fruit d'une réussite, mais simplement le fruit d'une victoire sur toi-même. Et cela, tu le fais déjà. Alors tant pis pour les commentaires des critiqueurs: au diable ces examens : tu passeras ceux que tu veux et si tu n'es pas  prète pour aucun, tu n'en passeras aucun, nous te désisterons. 
- Ouf, Maman, je trouvais aussi bizarre qu'en fin de compte , je revivais tout ce que tu critiquais avant. Du moment que je travaille le plus que je peux...on verra, si je suis prète, je les passe, sinon, c'est partie remise pour l'année prochaine.
- Je préfère choisir l'intégrité que la lâcheté, ma chérie, je préfère rester fidèle à mes principes que de sacrifier ta santée à satisfaire tous les regards qui nous atendent au premier tournant. Tans pis si une partie de la famille s'inquiète , elle se trompe.
Nous avons le temps, tu n'as que 16 ans. Profites-en pour étudier dans le plaisir et t'instruire réellement.
-En plus Maman, les autres trouvent que je ne travaille pas assez mais ce n'est pas en travaillant 3 heures de plus par jour que j'aurai la possibilité de réussir ces examens. Donc, moi, faire des effrots pour me stresser plus que pour m'aider, je n'y vois aucun intérêt.
-Moi, non plus, je n'y vois aucun intérêt. Je te comprends parfaitement. Je vois que tu fais le plus que tu peux et que tu te dépasses déjà largement dans ce que tu fais. C'est la seule chose qui compte pour moi  : que, toi et Orian, vous vous dépassiez toujours selon vos critères, vos propres limites, votre santé, vos émotions. Soyez d'abord fières de vous-même et vous finirez toujours par aller de plus en plus loin. Ce que tu fais - travailler seule, apprendre seule, chercher seule  - c'est grandir, ma chérie, c'est entrer dans ta vie d'adulte, bien pus qu'en étant restée dans une école où tu devais "te plier" à une autorité, bien plus qu'en restant assise sur un banc à recevoir tout cuit une instruction intélectuelle.
 
 
 
 

11:22 Écrit par CatherineLS | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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