18/04/2005

un peu le cafard

Céleste travaille pour l'instant, de façon complète et assidue, 4 heures par jour. Ce sont 4 heures où elle ne mémorise pas une matière déjà  vue, mais où elle apprend de la matière qu'elle ne connaît pas du tout. Ces quatre heures sont très intenses et fortes. Elle est très fatiguée en fin de journée.
 
Il est clair que ce sera impossible qu'elle puisse tout voir pour ses examens, mais nous continuons dans cet objectif.  "Comme si .... " !
 
Orian , encouragé par l'exemple de sa soeur, me demande de travailler un peu plus que d'habitude. Donc, nous travaillons aussi l'après-midi.
 
Je suis pour l'instant dans les bonnes-vieilles méthodes : étudier par coeur la conjugaison des verbes, page après page, du Becherel.
 
Il aime bien et comme il a une excellente mémoire auditive, cela va comme sur des roulettes.
Il étudie à peu près dix verbes par jour et pour chacun de ces verbes seulement deux temps, chaque fois les mêmes pour les dix verbes. Je constate qu'en effet, son intelligence fait le travail tout seul : il repère donc tous seul de quel groupe de verbes font partis ceux sur les quels je l'interroge. Je n'use d'aucune théorie.
 
Je vais donner un exemple pratique :
je lui apprend "finir", verbe du deuxième groupe. Ensuite, je choisis d'autres verbes du deuxième groupe et tout seul il me déclame la bonne conjugaison.
Puis, je lui apprends "devoir" verbe du troisième groupe. Je lui fait trouver tout seul la conjugaison du temps demander pour d'autres verbes du troisième groupe. Ensuite, je mélange les deux, et sans aucune explication où théorie, il ne se trompe pas.
Evidemment la plus part du temps, c'est dans sa mémoire "langue maternelle" . Mais il y a certains temps , du genre  Conditionnel plus que parfait qui ne sont pas si souvent utiliser et je suis enthousiaste de constater que la méthode du "par coeur" donne un résultats même avec des verbes encore pas étudier. La théorie entre toute seule !
 
Deux jours de suite, je lui fait répéter les mêmes verbes et ensuite, je les lui fait  écrire.
 
Il aime bien, c'est pas trop "dur".
Car Orian , l'effort "pour rien" c'est franchement pas son truc. "POur rien" c'est quand il estime que cela ne sert à rien.
Je fais une dictée tous les jours, et Céleste aussi.
Je fais la même dictée jusqu'à ce qu'il n'y plus de faute. Cette dictée peut prendre 5 jours avec Orian et en plus, ce sont des textes d'auteurs classiques. A la fin il la connaît par coeur, ce qui enrichit aussi sont vocabulaire de mots un peu plus sophistiqués.
 
A part  cela, Céleste est toujours triste sans ses copines, triste de voir que peu pensent d'elles-même à lui téléphoner, à lui demander simplement  des nouvelles alors que lorsqu'elles les voyaient tous les jours, malgré le fait qu'elles allaient se voir le lendemain, elles n'arrêtaient pas de se téléphoner.
 
Je ne peux que la consoler.
 
En fin de compte, je me demande alors ce qu'on entend par "sociabilisation", je me demande, lorsque j'observe ça, qu'est-ce que les enfants apprennent de la sociabilisation en fréquentant les écoles ?
 
Je pensais que la sociabilisation, c'est  d'avoir d'abord en effet le respect de l'autre dans sa différence mais je croyais en plus que les amitiés qui se formaient pouvaient s'entretenir en dehors du cadre où elles s'étaient formées.  La sociabilisation, n'est-ce pas apprendre à être amis avec d'autres personnes que celles de son milieu familial ? Oubien n'est-ce qu' apprendre à rencontrer sans se taper dessus ? 
 
 Céleste apprend là pas mal de chose sur l'Existence, sur l'amitié, sur la fidélité des amis, sur le regard qui change quand  les lieux changent, sur la "distraction" des amis qui savent à quel point ils lui manquent mais qui ont d'autres priorités que de lui donner un simple petit coup de fil de temps en temps. Elle ne se plaind pas, mais son regard est tout triste lorsqu'elle me dit qu'elle leur téléphone et qu'ils ne lui répondent même pas.
Je sens mon propre coeur se serrer pour elle et je lui propose "tu veux retourner à Schola  ? "
"J'ai envie et en même temps j'ai pas du tout envie. J'ai pas envie de revoir St.
Maman je trouve les Hommes bêtes d'avoir inventé tant de choses si stupides à étudier ! J'ai envie d'être un Animal, eux au moins, ils n'ont pas été bêtes au point de s'obliger à faire des choses si inutiles. Et puis l'Homme ose se croire supérieur aux animaux alors qu'il est bête, lorsqu'on y songe, il ne fait que se compliquer la vie, rajouter des "devoirs" imbéciles et gâcher toute notre plus belle partie de notre vie ! Maman allons en Afrique, vivons comme des sauvages au milieu des animaux, partageons avec eux leur simplicité ! "
Je souris alors, et cela lui redonne un peu de moral.
 
 

19:04 Écrit par CatherineLS | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Définitions et postulats dimanche 24 avril 2005

Individu et société.

Nous ne sommes pas toujours d’accord, et sur l’ennui, la peur, la culpabilité et la constitution dont tu parles dans ton dernier commentaire, non plus.

Mais il s’agit probablement là de conséquences d’un désaccord sur des choses très fondamentales : l’individu humain, le groupe humain, et les relations entre eux.

En géométrie, comme dans toute matière où il faut raisonner, avant toute démonstration, il faut définir les choses et postuler l’existence de ce qui serait indémontrable. Ensuite, on peut commencer à tout démontrer. Si deux géomètres ne sont pas d’accord sur des définitions et des postulats communs, il est inutile qu’ils aillent plus loin. Par exemple, ils doivent définir ou postuler si l’univers dont ils parlent est celui en trois dimensions, quatre, ou plus. Ils doivent préciser aussi si la surface à laquelle ils se réfèrent est plane, sphérique, ou hyperbolique. En effet, par un point on ne peut tracer qu’une parallèle à une droite dans le premier cas, aucune dans le second et une infinité dans le troisième.

Sommes-nous d’accord sur des bases communes, ou discutons-nous dans le vide ?

En matière individu-société, voici mes définitions et postulats de base :

INDIVIDU

L’individu est un être humain, capable d’autonomie, vivant dans une société humaine, et libre de s’associer ou non à différents groupes.

SOCIETE

La société est le groupe humain, divisé sur base territoriale et idéologique, dans lequel chaque individu est plongé du simple fait de sa naissance et de sa présence sur terre.

GROUPE

Le groupe est un ensemble d’individus réunis par un but commun. Ce groupe est par nature exclusif (ou, péjorativement, sectaire) parce que ceux qui ne partagent pas le but commun ne font pas partie du groupe, par définition.

RELATION INDIVIDU – GROUPE

Tout individu est libre de créer un groupe, quitter un groupe ou tenter de le modifier.

Tout groupe qui poursuit des buts contraires aux buts pour lesquels il est créé ou tout groupe qui poursuit des buts maléfiques, devrait être sanctionné.

RELATION INDIVIDU - SOCIETE

Tout individu est contraint de se conformer aux lois éditées par la société dans laquelle il est plongé. Il peut subir cette société, s’y adapter ou en profiter. Il peut tenter d’y vivre en marge. Il peut la quitter pour une autre, sur base territoriale, en déménageant. Dans les sociétés démocratiques, il peut participer au pouvoir et tenter de modifier la société. Il peut tenter de changer une société par des réformes radicales ou une révolution.

RELATION SOCIETE – GROUPE OU GROUPE – GROUPE

Toute société et tout groupe sont contraints de se conformer aux lois éditées par la société dans laquelle ils sont plongés.

Toute société et tout groupe sont libres de créer un groupe, quitter un groupe ou tenter de le modifier.



Voilà quelques réflexions à la suite de ma remarque disant que tu avais surtout quitté les groupes qui ne te convenaient pas, sans les modifier ou les réformer. Tu m’as répondu d’attendre dix ans, mais tu ne m’as pas dit pour quoi !

C’est plus long comme délai que Stéphane qui m’a dit d’attendre jusqu’aux grandes vacances !

J’admets que tu étais fort occupée à intégrer nos enfants dans la « bonne société » !

Je te soupçonne de mijoter des réformes radicales ou même des révolutions. Trois questions !

1. Sommes-nous d’accord sur des définitions et des postulats, sinon, quelles sont les tiens ?

2. Quelles réformes ou révolution ? (En bref !)

3. Où as-tu appris ce qu’il fallait réformer ou révolutionner ? (Je sais que tu as appris, mais je voudrais savoir où !)

Je viens de lire tes derniers blogs.

Bravo pour tes méthodes, tes découvertes et leur efficacité en apprentissage scolaire.

Voici, selon mes « principes de base » une réponse au problème de socialisation, d’amis et d’étude de Céleste.

SOCIALISATION. Le groupe de Schola était uni par un but commun, l’apprentissage à Schola. Céleste a quitté ce groupe. Les relations que Céleste avait à l’intérieur du groupe ne sont évidemment pas les mêmes que celles qu’elle a en étant à l’extérieur.

AMIS. Chacun se crée un groupe d’amis qui partage des buts communs. Entretenir l’amitié, quelques plaisirs, intérêts et préoccupation communes sont un but commun suffisant. Mais le groupe d’amis est souvent beaucoup plus restreint que le groupe scolaire. Céleste garde probablement les relations amicales qu’elle avait avant Schola, au rythme d’avant Schola, et y ajoute des relations amicales créées avec des membres de Schola. Mais le rythme et la quantité de leurs relations ne seront plus ceux qui étaient dus à la participation à un but scolaire commun. Peut-être plus, probablement moins.

CHOSES SI STUPIDES A ETUDIER. « Maman allons en Afrique, vivons comme des sauvages au milieu des animaux, partageons avec eux leur simplicité ! » « Fifille, tu es en plein trip ! Actuellement, vivre comme des sauvages,cela signifie surtout la maladie, la malnutrition, la pauvreté, l’ignorance, les luttes tribales, la guerre civile, les régimes totalitaires, l’intégrisme religieux, et être prêt à tout pour quitter ce continent et essayer de participer au mirage du bien être des sociétés occidentales. Quant aux animaux, ils se font manger par les humains ou par les autres animaux. Comment fait-on pour gagner décemment sa vie dans nos sociétés, sans avoir étudié ? Il faut gagner au Lotto ou hériter et être sûr de conserver son héritage, ou dépendre de quelqu’un (sécurité sociale, allocations, parents, compagnon, conjoint) et être sûr qu’il continuera à vous entretenir, pour ne pas « finir dans la misère ». » Etudier, c’est pour avoir de bonnes chances de survivre décemment dans la société existante. On peut parfois s’en passer, mais les probabilités sont alors faibles de « survivre décemment ».

Bisoux,

Arpentinops.

Écrit par : Arpentinops | 25/04/2005

Relations individu-individu mardi 26 avril 2005

RELATIONS INDIVIDU – INDIVIDU

J’ai oublié une des relations les plus intéressantes parmi les relations humaines, celle entre individus qui se rencontrent en dehors de toute appartenance à un groupe. Les relations amicales ou amoureuses, ainsi que quelques inimitiés ou haines, en font évidemment partie.

Il est vrai qu’elles ne font pas vraiment partie du sujet du commentaire précédent qui concernait l’individu-société. Mais elle concerne le « un peu de cafard » de Céleste.

Les amis que l’on se fait dans un groupe scolaire, un « groupe d’activité », un groupe mondain, un groupe d’amis d’amis, un groupe de travail, un groupe politique, religieux, sportif, philatélique, colombophile… sont des relations entre membre d’un groupe qui poursuivent des buts communs. Ces relations peuvent être plus ou moins intenses, mais elles ne survivent pas obligatoirement en dehors des liens du groupe. A moins que des relations interindividuelles fortes se soient créées, « dans le respect de l’autre et de sa différence », comme tu le dis dans ton blog. Il n’y a évidemment aucune certitude que des liens créés entre personnes membres d’un groupe partageant un but commun, soient également des liens interindividuels forts, une véritable amitié.

D’autant plus que, par définition, dans un groupe, on recherche moins les différences que les points communs.

En amitié interindividuelle « vraie », on recherche les points de relation « purs », qu’ils proviennent de différences (« les contraires s’attirent ») ou qu’ils proviennent de ressemblances (« qui se ressemble s’assemble »).

Beaucoup de personnes vont parfois rechercher des relations entre membres d’un groupe, pour essayer de s’y trouver de véritables amis, ou, au contraire, pour ne pas devoir affronter les exigences d’une véritable amitié interindividuelle.

Par ailleurs, ces véritables amitiés interindividuelles sont rares, et demandent, comme l’amour, une grande volonté de les faire aboutir et durer.

Il faut toujours vérifier si une relation amicale est simplement une relation avec un membre d’un groupe ou s’il s’agit d’une véritable relation individu-individu, en dehors de toute appartenance à un groupe.

Ces relations sont évidemment totalement libres. Libres d’être créées, supprimées, modifiées, améliorées, prolongées, si ce n’est que pour certaines actions, il faut l’accord de deux individus.

Si Céleste souffre de ses relations avec ses ex-membres d’un groupe scolaire, c’est qu’elle n’a pas encore compris la différence entre les relations individu-groupe et individu-individu. Il est temps qu’elle apprenne, sinon elle s’expose aux mêmes désillusions dans ses groupes d’activité, de travail, d’amis d’amis, etc.. L’amitié en dehors de tout groupe, c’est rare, précieux et difficile. L’amitié avec un « ex- » d’où qu’il soit « ex » (ex-membre d’un groupe, ex-ami, ex-chéri…), aussi !

En ce sens, quitter un groupe est une expérience très enrichissante. Elle vous apprend qu’un groupe vous accepte, vous intègre, vous aide, vous rejette et vous abandonne avec plus de facilité qu’un véritable ami, dont la relation est basée sur une relation interindividuelle indépendante d’un groupe. Et que les relations varient en quantité, qualité, fréquence.

Elle vous apprend aussi que vous aurez d’autant plus d’« amis » que vous appartenez à plus de groupes, et des amis d’autant plus constants qu’ils appartiennent à plusieurs groupes auxquels vous appartenez.

L’ami d’enfance qui appartient au même groupe d’âge, au même groupe scolaire, (maternelle, primaire, secondaire et universitaire), au même groupe d’amis d’amis, mondain, national, au même groupe de voisinage, au même groupe sportif, culturel, idéologique, a plus de chances de devenir un véritable ami qu’une personne d’âge, de milieu, de culture, de religion différente, habitant à l’autre bout du monde.

Mais tout est possible. Le test consiste à vérifier si les relations perdurent et résistent aux différences, aux séparations, si les ressemblances acceptent les différences. Si oui, merveille, voilà un véritable ami !

Bisoux,

Arpentinops.

Écrit par : Arpentinops | 26/04/2005

sur l'ordi d e mon FIFI-CHOUCHOU Je découvre, en étant sur l'ordi de Philippe ,que j'apelle fifi-chouchou quand je veux le taquiner, tes commentaire.
Il faut que je m'y plonge et je te répondrai avec plaisir, comme d'habitude.
mais en effet, il faut d'adord que nous comprenions ce que chacun veut dire par indiviu société, groupe etc.....
Tu peux m'envoyer ces deux textes sur mon mail afin que je puisse les imprimer et les lire tranquillement au fonde mon lit et puis, la Nuit Magique viendra me souffler toutes les réponses !

Écrit par : CatherineLS | 29/04/2005

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