05/04/2005

Les raisons probables de la distractions de certains enfants.

" NR : Mais comment susciter le désir d'une telle aventure, y compris pour une institution scolaire ?

JR : Ce problème pour Jacotot ne se pose pas sous la forme habituelle : comment motiver celui qui n’est pas motivé, comment l’enfant, l’ignorant va-t-il apprendre quand il n’en voit pas l’intérêt ? Jacotot va au cœur même de cette expression : « ne pas en voir l’intérêt ». Ce qui est en jeu ce n’est pas tant une paresse ou une réticence, mais une structuration symbolique du monde. Parce qu'au fond qu'est-ce que c'est que vouloir ? C’est se reconnaître membre d’un certain type de communauté. Et ce qui fait obstacle au désir d’apprendre c’est le sentiment qu’on a pas besoin d’apprendre, que le savoir que l’on possède est en réalité supérieur à celui qu’on nous propose. L’ « ignorant » qui dit : « c’est trop compliqué pour moi », dit que ce savoir est inutile, et que seul compte pour lui la conduite pratique des affaires.

La paresse est en réalité une vision du monde. Ce que je ne comprends pas, c’est ce dont je n’ai pas besoin. "Je ne comprends pas" n'est pas seulement une antiphrase, cela laisse entendre : j'ai assez de savoir de ce qui est réellement important pour ne pas m'occuper de ces futilités. "

extraits de : http://institut.fsu.fr/nvxregards/28/28_ranciere.htm


11:52 Écrit par CatherineLS | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

Commentaires

Ils auront un diplôme officiel! jeudi 7 avril 2005

J’ai adoré ce livre. C’est l’œuvre d’un utopiste génial vivant dans une période post-révolutionnaire où toutes les réformes étaient théoriquement possibles.

Comme toi, j’en ai retiré plein d’enseignements pour moi, pour mon cours. J’essayerai de ne jamais perdre de vue que je suis dans une piscine et que j’encourage mes élèves à apprendre à nager. Je peux leur montrer quelques mouvements, leur donner quelques trucs, leur prêter des bouées dégonflables mais c’est eux seuls qui apprendront à nager. Je ne peux pas nager à leur place ! Et ce ne sont pas mes explications qui les feront flotter !

Entre temps, dans nos sociétés, un système d’enseignement a été mis en place, sans tenir compte des idées de Jacotot. Ce sont ces programmes d’enseignement qui peuvent nous servir de « volonté d’apprendre ». Mais sans le diplôme qu’ils apportent, point de certificat social de bonne conformité intellectuelle certifiant vis à vis de la société de l’aptitude à exercer un métier rémunérateur.

Et je ne veux pas priver mes enfants de cette reconnaissance sociale en attendant qu’un système d’éducation conforme à nos idées soit mis en place. Et je n’ai pas le temps d’enseigner ce que je ne sais pas à tous mes enfants. Et je ne veux pas les mettre en marge de la société dans laquelle ils vivent. Ils décideront eux-même de s’y intégrer ou de s’y opposer. Ils auront le choix. Je ne veux pas décider pour eux qu’ils ne pourront pas commencer leur carrière comme avocat, médecin, ingénieur, pilote de ligne ou employé des postes.

Et je veillerai à ce qu’ils n’en sortent pas abrutis. Je les protègerai, comme toi, des excès d’un Stéphane !

Donc ils iront dans ce que je considère comme leur convenant le mieux comme école ou université, quitte à ne pas écouter les explications du maître pendant les cours, à rêver à autre chose, ou à ne pas assister aux cours, quand c’est possible (à l’unif.), et à n’éventuellement pas exercer le métier auquel leur diplôme les destine. (C’est possible. Je n’ai jamais écouté un cours à l’école : je rêvais en classe et j’étudiais tout à la maison. En sept années d’unif, j’ai assisté à 5% des cours, tout au plus. Ma vraie profession est celle d’éleveur de lapins, et maintenant, je vis de mes allocations familiales, sans être inscrit depuis dix ans dans aucun registre de population !…)

Mais ils étudieront (comme moi), sous la contrainte (substitut de volonté d’apprendre), s’il le faut, de l’examen et du diplôme, tout ce qui est nécessaire pour avoir une reconnaissance sociale et pouvoir, comme Papa, choisir de s’intégrer ou de réformer une société dont ils auront étudié les rouages de l’intérieur, ou faire tout autre chose. Parce qu’il n’y a actuellement aucune reconnaissance sociale à des connaissances acquises par la méthode Jacotot, parce que ce type d’enseignement n’a pas été mis en place, hélas !

Bisoux,

Arpentinops.

Écrit par : Arpentinops | 07/04/2005

Comme mon canari ! J'ai depuis peu un canari, né en cage, élevé en cage.
J'ai été surprise de voir sa peur à quitter la cage, il ne se sent en sécurité que dans sa cage.
Petit à petit, "ma volonté" le force à sortir de sa cage et il explore, avec prudence l'environnement de celle-ci.
Il constate qu'il n'y a aucun danger et surtout, que sa cage reste ouverte et qu'il peut y revenir quand il veut !

C'est cela que j'essaye avec mes enfants.

Tu cites ton exemple et il est un bon exemple, c'est ce que j'ai vécu aussi : je ne comprenais rien de ce que les professeurs expliquaient, surtout en primaire et en grammaire ! Mais je VOULAIS comprendre et c'est seule que je finissais par comprendre. J'appliquais, sans le savoir, ce que Jacotot dit : nous sommes tous intelligents et pour comprendre il ne faut qu'un effort de volonté.

Je voudrais que mes enfants expérimentent que la vie en dehors de la cage "écoles, seuls lieux d'apprentissage valable" est une vie qui apprend REELLEMENT à développer l'intelligence (ce fut ton cas, le mien, obligés d'apprendre seuls chez nous ), je voudrais que mes enfants aient cette confiance qu'ils peuvent tout, même sans professeurs "savants". C'est la seule école valable, selon mon avis, pour apprendre l'autonomie.
Celle-là où celle de Cancre.
Le bon élève sage ne quittera jamais la cage.
Il y est heureux et tant mieux.
Je constate trop souvent que les "braves" élèves bien sages, restent toujours bien sages dans les sentiers battus par la société et ne sont pas plus autonomes que mon canari qui est heureux et libre uniquement à l'intérieur de sa cage.
Par contre, là où leur manque d'autonomie fait des dégats, c'est lorsqu'ils n'acceptent pas une autre optique de vue que celle qu'ils ont reçue : cela n'est aucunement preuve d'autonomie je trouve.
Disons que c'est une preuve de leur inconscient qui regrette cette autonomie et qui râle de voir d'autres la prendre.
Je ne force que mon canari à sortir de sa cage, et encore, je la laisse ouverte, il y retourne quand il veut. Les êtres, élevés dans la cage de la société, ne supportent pas que d'autres la quittent.
Et cela ménerve, je te l'avoue. Ce besoin qu'ils ont de ramener dans la cage ceux qui sont heureux en dehors .... !
( je te rassure, tu ne m'énerves pas du tout ! )

Il faut bien comprendre que je ne vise pas pour mes enfants une vie sans diplôme, car, comme tu le dis, hélas, notre société fonctionne encore selon ses repères là !
Bien que je sais par expérience - et pour avoir entendu d'autres expériences d'adultes sans aucun diplôme réussissant avec succès leur vie professionnelle - que la croyance que sans diplôme, nous sommes marginalisés dans cette société, je sais donc que cette croyance, c'est exactement la même que celle de mon canari qui croit qu'en dehors de sa cage, point de vie possible, oubien une vie difficile et dangereuse. (dangereuse, en effet, la cage le protège des dangers )
Disons en résumé : mes enfants peuvent avoir tous les dilômes qu'ils veulent s' ils le désirent sans devoir passer par les sentiers battus des écoles et des hautes études. Ils leur suffit, comme Céleste maintenant, de s'inscrire pour les examens, et puis d'étudier.

Céleste n'a qu'un mois pour bloquer une matière énorme et donc, nous restons réalistes toutes les deux : si elle réussit, c'est un miracle, si elle rate, c'est normal. Elle recommencera l'année prochaine, l'année où elle devait de toute façon passer ces examens là.
Le but est de lui donner un objectif, assez élevé, afin de mettre en pratique l'enseignement à la maison, afin qu'elle voit si cette méthode lui plaît et si elle désire la continuer l'année prochaine, au cas où elle ne réusssirait pas ces examens d'admission à St Louis.

Écrit par : CatherineLS | 08/04/2005

le plus important Ce qui compte, et c'est vrai que telle est aussi ta volonté, c'est qu'ils ne se laissent pas prendre par ce fameux "abrutissement" dont parlent très bien Jacotot et Jacques Roncière.
Le plus étonnant c'est que ceux qui en sont le plus protégés sont en effet les cancres et les moins doués en "apprentissage". Surtout si les parents ne traumatisent pas l'enfant qui n'en n'a rien à foutre des écoles et des apprentissages obligés.

Forcer la volonté, je crois que c'est impossible, il faut trouver le moyen de la stimuler.

Notre Stéphane national a voulu forcer une volonté et cela a donc cassé.
Laissons à nos enfants la liberté de ne pas être trop forcés.
comme le dit Jacotot, de "volonté à volonté" peut, je rajoute, provoquer des conflits de volonté " tu veux ? alors je ne veux pas ! "

C'est pas facile, j'expériment tous les jours avec Orian cette force de volonté : si je veux trop, il ne veut plus.

Écrit par : CatherineLS | 08/04/2005

Plaisir de l'autonomie en groupe. vendredi 8 avril 2005

J’ai tant de plaisir à ferrailler avec toi que je cherche les rares points où nous pourrions ne pas être d’accord. Je crois que j’ai trouvé deux points de détail !

1. Cage à canaris.

Je ne suis pas sûr que ton image de la cage à canaris soit tout à fait appropriée. Nous sommes des individus capables d’une autonomie totale, mais nous sommes aussi, viscéralement, biologiquement, des êtres sociaux, des animaux ayant toujours vécu en groupes, en troupeaux, en sociétés.

Isoler un individu du troupeau pour exalter son autonomie ou nier l’autonomie d’un individu pour le conformer au troupeau, sont, pour moi, deux formes de mise en cage à canaris. L’être humain doit faire l’expérience de l’autonomie dans son troupeau, pas en dehors, et sans soumission totale aux règles du troupeau.

L’école et l’université sont deux lieux organisés d’apprentissage des règles existantes de la vie en troupeau, sous prétexte de développement de l’autonomie intellectuelle de chaque individu. Apprendre à y garder son autonomie est un apprentissage aussi important que les matières enseignées, et que les règles de société qui y sont imposées.

Nous sommes dans une cage à canari, hors de la complexe réalité socio-individuelle, si nous nous abritons des risques sociaux pour privilégier notre autonomie, ou si nous nous soumettons à l’abrutissement social en niant notre autonomie individuelle.

Tu as sans doute trop bien connu des tentatives d’abrutissement social d’origine familiale ou religieuse, et Céleste a subi une tentative d’abrutissement social scolaire, et nous connaissons tous des personnes qui se complaisent dans cet abrutissement, mais s’isoler complètement de ce risque, ce serait aussi se mettre dans une cage à canaris.

2. L’autonomie s’apprend mieux en groupe !

Pour la même raison que nous sommes des individus sociaux, il est plus difficile d’étudier et d’acquérir seul des diplômes ou des connaissances socialement ou professionnellement utiles.

Il est possible, pour beaucoup de matières (jury central, agronomie, examen d’entrée en ingénieur, licence en droit et autres grades légaux) d’obtenir tout seul un diplôme devant un jury organisé par l’état ou des écoles ou universités.

Mais l’effet « auditoire » ou « salle de classe » est un stimulant social important. Se retrouver dans un groupe du même âge, ayant les mêmes ambitions, les mêmes problèmes, difficultés, angoisses, les mêmes horaires, les mêmes réfectoires, les mêmes blocus, les mêmes examens, les mêmes professeurs terrifiants ou faciles, les mêmes vacances, pouvoir s’encourager les uns les autres, rivaliser, comparer, s’entre aider, est un puissant stimulus pour la volonté d’apprendre.

Et puis, finalement, ces fameux cours où un maître « explique » la matière, ce sont le plus souvent des cours où le maître présente le cours, en fait une première lecture, s’il ne lit pas tout simplement le syllabus. Et les étudiants sont bien obligés de comprendre, d’assimiler, d’intégrer ces matières tout seuls, ou avec une copine ou un copain, dans la solitude spartiate de leur kot.

La première lecture était une sorte de coktail universitaire avec le maître, dont on retire souvent du plaisir, surtout si on y découvre la copine ou le copain qui partagera la solitude studieuse de votre kot !

Bisoux,

Arpentinops

Écrit par : Arpentinops | 08/04/2005

Où est la société ? Ah, bien ! moi aussi, j'ai du plaisir à argumenter avec toi !

Le sujet est celui-ci : c'est quoi la société, vivre en groupe ? Pourquoi croit-on que seules les écoles et les universités aprennent la vie en société alors que c'est na-tu-rel de vivre en groupe comme tu le dis ?

Pourquoi croire que faire l'école à la maison, c'est isoler un individu du troupeau alors qu'il est parfaitement et toujours dans un AU-TRE troupeau ? Orian et Céleste apprennent aussi à ne pas être non plus soumis au troupeau de "maman et sa famille et ses amis ".

Les seuls êtres qu'on isolent réellement des troupeaux sont en fait les moines et nonnes dans les monastères et surtout là où ont fait voeux de silence et où on isole les moines et les nonnes dans leur cellule des heures entière pour méditer.

A part cela, toute forme de groupe est un lieu social. Et tout groupe à ses règles de société mais aucun groupe ne possède LA règle juste et bonne d'une société. En l'occurence, c'est vrai, notre société est bâtie sur l'exemple de ce qui se fait dans les écoles et les universtiés. Ce n'est pas l'inverse : les écoles et les universités qui sont bâties sur l'exemple de notre société.
Je répète pour êre sûre d'avoir été comprise : notre société est bâtie sur l'exemple qu'elle a reçu dans les écoles et les universtiés : dominance, humiliation, exploitation "abrutissement" comme l'explique Jacotot. Je passe évidemment les points positifs que soit disant ces exemples de sociétés donnent. Au fait, je n'en vois qu'un seul : cotoyer d'autres milieux d'éducation que celui dont notre groupe familial nous a habituer à connaître.

Autre fait où je te contredis : il n'est pas question d'isoler les futurs adultes que sont mes enfants d'un groupe sociale quelquonque sous prétexte que ce groupe va les faire souffrir où les abrutir, il est surtout question de les y préparer !
C'est là toute la subtilité que peu de gens comprennent ! Comme je le disais je ne sais où, à Stéphane je crois, ce que nous faisons actuellement à nos enfant peut être comparé à cette allégorie là : sous prétexte que la vie d'adulte serait de recevoir de réel coups de poings sur la geule, on en donnerait pleins à nos enfants le plus tôt possible pour les préparer à les supporter quand ils seront adultes. Toujours dans cette alégurire là, ce que je propose est différent : Je ne donnerais pas de coups de poings sur la geule de mes enfants car j'estimerais qu'ils n'en ont pas encore la force pour se défendre, ni la taille physique. Je leur apprendrais la souplesse, je leur apprendrais à se muscler, à courrir vite, bref, à ne pas recevoir de coups de poings une fois adultes, tout en vivant parmis la société qui en donne.
Je donne un autre exemple de société à mes enfants, sans pour cela les exlure de la société dominante. JE LES Y PREPRARE AU CONTRAIRE SANS LEUR APPRENDRE A S'Y SOUMETTRE. Espérer que la société changera "par le haut" c'est là la vraie utopie. La société change parce que ces sujets ne la suivent plus et en propose une autre. C'est là être adultes autonomes.

Depuis que je fais l'école à la maison avec Orian, me remonte à la mémoire tout pleins de souvenirs. Orian pleurant tous le matins lorsque je le conduisais en classe gardienne. Moi, le coeur déchiré, mais croyant que je "devais " faire ça sous rique de le désociabiliser. Et pourquoi j'ai cru ça ? Parce qu'on a fait ainsi avec moi ! "On" c'est à dire mes parents. Et pourquoi Orian un jour ne pleure plus mais a un regard triste depuis ce jour là ? (plus depuis que je fais l'école à la maison ) Parce qu'il croit que si Maman le conduit donc à l'école malgré ses pleurs, c'est que c'est lui qui se trompe, que c'est Maman qui a raison. C'est ainsi que nous ne quittons pas notre cage à canari : ce que font les parents est paroles de dieu pour les enfants. les enfants ont confiances dans les parents. Tu vois, je refuse de cautionner encore plus une société qui se base sur la violence, l'exploitation, l'humiliation, les " tu n'es plus mon ami si tu es ami d'un tel " les " tu me donnes ton bonbon sinon je te casse la geule ". Car, Ami Arpentinops, réfléchis bien à ce qui s'apprend en fait comme "sociabilisation" dans les écoles... souviens-toi, regarde ce que vivent tes enfants : si tu n'es pas le plus fort ( selon des critères absurdes souvent ) tu te fait écraser, rejeter. Et donc, tu exploites tes qualités de façon vicieuses pour te faire accepter dans le groupe de l'école. Toute notre société, nourrie ainsi depuis sa plus tendre enfance, crrit donc que c'est comme cela que la société doit être. Une société qui jette ses enfants bien trop tôt dans la société qui est faite pour des adultes et pas pour des enfants.

Je reste une inconditionnelle de l'exemple du peuple animal : il protège ses petits jusqu'à ce qu'ls soient jeunes adultes et seulement alors, ceux-ci vivent leur vie d'adulte avec toutes les difficultés que cela comporte.
Nous oublions trop souvent dans tout l'orgueil de notre société occidentale, que nous sommes, comme tes premières phrases de ton dernier message le dit, des animaux !
Donc, n'oublions pas leur très utiles leçon de vie, redevenons plus modestes et comportons-nous avec leur sagesse qui nous fait si souvent défaut !

Écrit par : CatherineLS | 09/04/2005

La société est! samedi 9 avril 2005

La société est !

Sorry, je me suis laissé un peu entraîner par mon clavier. C’est vraiment devenu de l’argutie, parce que je suis d’accord avec toutes tes solutions de fond.

Le seul point de discussion c’est la manière dont tu décris le coupable : la « société ».

« Pourquoi croit-on que seules les écoles et les universités apprennent la vie en société alors que c'est na-tu-rel de vivre en groupe comme tu le dis ? »

Participer à quoi que ce soit qui est créé par le groupe, par la société, apprend la vie en société. Comme la lecture d’un livre apprend le contenu du livre, comme peindre un tableau apprend la peinture. Pour apprendre les règles de vie en société et des connaissances socialement utiles, il est facile et souvent stimulants d’aller à l’école ou à l’université. Pour devenir autonome, il est stimulant et parfois difficile de se démarquer de l’école et de l’université.

« A part cela, toute forme de groupe est un lieu social. Et tout groupe à ses règles de société mais aucun groupe ne possède LA règle juste et bonne d'une société. »

Bien sûr que non ! Tout à fait d’accord ! Les règles sont ce qu’elles sont jusqu’à ce qu’on les change. Et en 1789, quand le peuple s’est senti affamé par l’aristocratie, il a fait la révolution pour changer les règles. Mais les révolutionnaires qui y sont parvenu vivaient dans cette société, pas en marge, sinon ils n’auraient pas su que changer, ni par quoi. Toi-même, tu as des idées sur ce qu’il faudrait changer parce que tu as vécu dans la société, tu as été à l’école, dans un groupe religieux, dans une famille belgo-française. Mais si tu n’avais jamais quitté le cocon familial, que saurais-tu des règles de vie en société et des changements à y apporter ?

« Autre fait où je te contredis : il n'est pas question d'isoler les futurs adultes que sont mes enfants d'un groupe social quelconque sous prétexte que ce groupe va les faire souffrir où les abrutir, il est surtout question de les y préparer ! »

Tu ne me contredis pas du tout : ce n’était pas le sujet ! Sur ce point je suis évidemment tout à fait d’accord avec toi depuis toujours.

Le point de détail pour lequel je n’étais pas d’accord, c’était de considérer que la cage à canaris est forcément la société. Vivre en marge de la société est aussi une cage à canaris. C’est tout ! Qu’il faille parfois reculer pour mieux sauter, qu’il faille s’isoler du groupe pour se renforcer, c’est évident.

Je sais bien que tu ne veux pas isoler tes enfants.

Mais quand je t’écris que mes enfants auront un diplôme officiel, tu me réponds « comme mon canari ». Autrement dit, l’enseignement officiel est une cage. Ce n’est pas vrai : l’enseignement officiel fait partie de la réalité extérieure, fait partie de la société. Elle peut être vue ou vécue comme une cage pour un individu particulier, comme tout peut être une cage pour un individu particulier (une cellule de moine)… (cfr. infra !)

Mais quelle que soit la cage que tu ouvres, l’extérieur est formé d’individus vivant en société et apprenant les règles de vie en société dans des structures qu’elle a elle-même généré, écoles, universités, entreprises, gouvernements, administration, justice, associations…Les seules cages qu’elle crée vraiment comme des cages, pour soustraire l’individu à la société, ce sont les prisons. (Et encore, cela se discute !)

Si tu dis que la cage est la société et que hors de la cage il y a l’autonomie, l’inverse est vrai aussi tant le destin de l’animal humain est de vivre son autonomie en société, d’être un individu social. Dans ce cas, la cage peut-être l’autonomie et la solitude, et l’extérieur la société. Et effectivement on trouve des individus prisonniers de préjugés sociaux, et des individus prisonniers de leur solitude ou de l’influence d’un groupuscule restreint (cocon familial, secte…) Mais cette distinction est assez artificielle. L’être humain est intrinsèquement un individu social. Individualité, autonomie et société sont très imbriqués.

Si l’enseignement officiel, et la société existante qui l’a créé, sont une cage, alors qu’y a-t-il à l’extérieur de la cage ? Probablement une société idéale, mais qui n’existe pas encore ! Donc il n’y a encore rien hors de la cage. Quand suffisamment de personnes auront quitté la cage pour aller vers ce « rien », alors il y aura « quelque chose ». C’est une belle théorie révolutionnaire. J’y adhère ! Mais pour moi et mes compagnons ! Je laisse mes enfants libres de choisir plus tard d’être des révolutionnaires, des réformateurs, des adaptés, des moutons, des profiteurs, ou des exclus.

« Notre société est bâtie sur l'exemple de ce qui se fait dans les écoles et les universités. Ce n'est pas l'inverse : les écoles et les universités qui sont bâties sur l'exemple de notre société. »

Là je ne suis absolument pas d’accord. L’inverse est tout aussi vrai. La société préexiste à l’école. Ou mieux, société et école de la société sont intriqués, le groupe, le troupeau humain forme, éduque, les membres du troupeau humain, crée un jour un enseignement ou des écoles, pour former l’esprit de ses membres à la vie (autonome (facultatif !)) en société. Toute société apprend ou impose à ses membres ses règles de société. Le mouvement est circulaire ou réciproque : l’école perpétue les règles de la société qui l’a créée, et la société crée des écoles pour perpétuer ses règles.

Connais ton ennemi (si c’est ton ennemi) : si tu veux réformer l’école ou la société, apprends à la connaître. Si tu veux connaître l’école ou la société, apprends à y vivre !

Il y a moyen de vivre en marge de la société, de la quitter, et donc de ne pas connaître la société, ou de ne pas la connaître autrement que par les livres, la famille ou les amis. A condition de ne pas devoir y travailler pour vivre, et que la « société hors société » les livres, la famille et les amis vous assurent votre pain quotidien. Cela n’arrive que dans d’heureux concours de circonstances (héritage, époux, Lotto…) !

Gagner décemment sa vie dans une société dont on s’exclut ou dont on ne connaît pas les règles, ce n’est pas facile.

Et on ne peut imposer à ses enfants des difficultés à un âge où ils ont encore peu appris.

Donc tous les moyens efficaces sont bons pour les préparer à connaître la société qui les entoure.

Une école inadaptée n’est évidemment pas un moyen efficace.

Si la société (ou l’école, c’est la même chose) broie leur individualité ou leur autonomie, c’est évident qu’il faut les retirer de l’école, renforcer par tous moyens leur personnalité individuelle et leur autonomie : précepteur, cours particuliers, enseignement à domicile. Ce serait irresponsable de laisser la société détruire la personnalité et l’autonomie de son enfant.

De même que cela me paraîtrait irresponsable de pratiquer l’enseignement exclusivement à domicile dans le but de couper ses enfants de toute influence extérieure, pour des raisons religieuses ou idéologiques.

Et tu fais ton devoir de bonne mère en cherchant une solution pour Orian, si l’école ne lui a pas convenu pendant de longues années, ou en préservant Céleste de Stéphane.

Et ce n’est pas parce que peu de gens osent être responsables qu’il ne faut pas l’être. Il fallait retirer (provisoirement) Orian de l’école, il fallait protéger Céleste de Stéphane, et il y a beaucoup d’autres enfants qui mériteraient une solution particulière à leur cas particulier. Et il y a beaucoup de parents irresponsables qui ne font rien pour leur enfant qui en aurait besoin.

C’est la faute des parents qui ont mis leurs enfants à l’école, des écoles qui ont formé les parents, de la société qui a fait les écoles, des écoles qui sont faites par la société, de la société dont font partie les parents, des parents qui ont des enfants qui ne sont pas épanouis à l’école, de l’école qui garde les enfants non épanouis parce qu’elle ne les renvoie pas, parce que les parents ne les retirent pas, parce qu’ils croient qu’il n’y a pas d’alternative, alors qu’il y en a, parce que cela les arrange de croire ce que la société leur dit de croire, mais l’école leur a donné tous les outils de pensée, et ils ne les emploient pas pour le cas de leur enfant alors qu’ils pourraient les employer… ! A qui la faute ? A la société, à l’individu, à l’individu social, à la société composée d’individus, à la société qui est comme elle est et pas comme elle devrait être ni comme elle n’est pas ? Aux parents qui sont comme ils sont et pas comme ils devraient être ni comme ils ne sont pas ?

Mais l’école n’a pas pour but de détruire les individualités, ni de former des individus asociaux ou hors société. Elle a pour but de perpétuer la société dont elle est issue, qui l’a instituée. Elle n’a évidemment pas pour but de s’autodétruire. Elle (l’école comme la société) peut s’améliorer ou empirer, lentement, ou brutalement, sous l’effet de forces (fortes personnalités internes ou externes, groupes humains internes ou externes, autres sociétés, circonstances naturelles ou idéologiques, tsunamis, sécheresses, guerres, changements climatiques provoqués ou subis…). Mais elle existe, elle est un fait, il faut préparer nos enfants à en tenir compte, à y vivre, y survivre ou s’y épanouir.

Ta solution pour Orian me paraît excellente étant donné Orian et toi. Ce n’est pas une solution universelle. C’est une solution individuelle. Elle est universelle dans la mesure ou tout parent doit trouver la solution individuelle qui convient à chacun de ses enfants pour qu’il vive un jour son individualité, son autonomie au sein d’une société.

C’est exactement ce que tu dis !

Je te disais que nous étions d’accord sur presque tout. Sauf quand tu crois qu’il n’y a qu’un seul coupable et que tu l’as trouvé ! « C’est la société ! » Et pas les parents coupables d’être victimes de la société ?

Sauf pour ton image de la cage où la cage serait uniquement la société ou l’école. L’école( ou la société) peut être une cage, la famille peut être une cage, la mère ou le père peuvent être une cage, l’isolement peut être une cage, les autres peuvent être une cage, la solitude (en groupe) peut être une cage, l’étude peut être une cage, l’ignorance peut être une cage. Tout dépend de l’usage que l’adulte en fait ou que l’enfant en subit selon les choix (ou les non-choix) de ses parents.

Tout peut être une cage, mais ce qui est une cage pour Orian n’est pas forcément ce qui est une cage pour Céleste, ou pour toi, ou pour qui que ce soit d’autre.

Dans tous les cas, si c’est son propre enfant qui est dans une cage, il est souhaitable d’ouvrir la porte de la cage et de l’encourager à voir l’extérieur. Pour certains enfants, la cage c’est l’école, pour d’autres c’est la famille, ou la solitude, ou la peur, ou l’ignorance, ou la surdouance, ou les livres, ou la télé, ou Playstation2, ou l’ordinateur, ou la drogue, et parfois ils passent d’une cage à l’autre, quoi que les parents fassent, et parfois même parce que les parents font ce qu’ils croient le mieux !

La durée et le moment de renforcer leur autonomie à domicile dépendent des circonstances et de chaque enfant. Je crois effectivement qu’ils vont parfois trop tôt en crèche ou en maternelle, ou même en primaire. Depuis quatre ans, depuis Ambroise, mes enfants font leur maternelle à moitié en Montessori à la maison et à moitié aux Colibris, et le Berlaymont est alors un plaisir. Mais tous les parents ne savent pas que l’enseignement à domicile est une bonne solution, ou n’ont pas le temps de l’assumer seuls ou pas les moyens de le déléguer.

Il n’y a pas de coupable, et chacun fait ce qu’il peut avec ce qu’il a !

Et je suis sûr que ton exemple et ton blog ouvre des portes de cages. Mais qui a fait ces cages, qui a mis l’oiseau dedans, qui est l’oiseau, qui ouvre la cage, qu’y a-t-il hors de la cage ? Mystère !

Tu as une idée personnelle, individuelle, de qui a fait ta cage, qui t’a mis dedans, qui tu es, qui t’a ouvert ta cage, ce qu’il y avait hors de ta cage. Mais pour les autres ?

Mais je suis sûr aussi que la seule chose tout à fait essentielle pour les enfants est de les aimer, et qu’ils se sentent aimés. Pour cela, il faut s’occuper d’eux, le mieux que nous pouvons.

Bisoux,

Charles.

Écrit par : Arpentinops | 10/04/2005

Jacotot explique! dimanche 10 avril 2005

Jacotot explique !

Avant toute explication, quelques questions à propos de Jacotot !

1 . Pourquoi les néerlandophones connaissent-ils presque tous couramment trois ou quatre langues vivantes sans, semble-t-il les avoir jamais étudiées toutes à l’école. Frans du Potager de Nanane parle couramment le néerlandais, le français, l’anglais et l’allemand et a quitté son école d’horticulture en flamand à 14 ans, sans avoir jamais suivi le moindre cours de langues à l’école ?

2 Pourquoi les francophones de Belgique ont-ils tant de difficultés à apprendre une autre langue vivante, telle le néerlandais, pourtant parlée par la majorité du pays, et enseignée dans toutes les écoles ?

3. Pourquoi les francophones du Québecq parlent-ils pratiquement tous parfaitement l’anglais ?

4. Pourquoi Jacotot qui enseignait à des néerlandophones n’a-t-il pas appris lui-même, avec sa méthode si efficace, la langue du pays de ses étudiants et du pays où il travaillait et vivait ?

5. Les étudiants néerlandophones ont-ils appris le français grâce à Télémaque et Jacotot, ou auraient-ils appris le français par quelle que méthode que ce soit, même bourrées des explications d’un maître flamand autoritaire et borné, parce que leur volonté d’apprendre le français était plus forte que n’importe quelle méthode ?

6. Jacotot n’a-t-il pas fondé sa méthode sur une expérience qu’il a mal interprété ?

7. Les flamands n’auraient-ils pas appris le français du pouvoir dominant à l’époque, Jacotot ou non, maître ou non, ignorant ou non, Télémaque ou non ?

8. Si « tout est dans tout » et donc que tout texte permet d’apprendre, pourquoi Jacotot a-t-il utilisé un des plus sublimes textes de la langue française (Télémaque de Fénelon) plutôt que la traduction en néerlandais d’un texte quelconque traduit du français ? Il existait bien des prières, des modes d’emploi ou des textes administratifs traduits, plus proches de la vie courante que les aventures de Calypso ?

9. Pourquoi Jacotot a-t-il passé sa vie à écrire des explications volumineuses sur sa méthode alors qu’expliquer est une mauvaise méthode pour apprendre ?

10. S’agissait-il d’un auto-sabotage ?

11. La « méthode Jacotot » qu’il appelle la « méthode des pauvres » n’est pas une « méthode d’enseignement », mais la « description d’un chemin » qui « ne peut rien apporter au système d’éducation ». Qu’est-ce donc qu’une méthode qui n’est pas une méthode et qui a besoin de tant d’explications pour expliquer qu’il ne faut pas expliquer qu’elle ne peut rien apporter au système d’éducation ?

12. Est-ce pour cela qu’il a sombré dans l’oubli pendant plus d’un siècle ?

13. Jacotot a pratiqué sa méthode et l’a expliqué notamment à des paysans soucieux de la pratiquer chez eux. Pourquoi ceux qui ont bénéficié de cette méthode si efficace et qui ne demande aucune structure particulière, n’ont-ils pas utilisé cette méthode pour leurs enfants et ainsi de suite, jusqu’à ce que, par un effet de boule de neige, la méthode s’impose d’elle-même.

14. Pourquoi le message d’amour du Christ a-t-il résisté magnifiquement pendant plus de deux millénaires aux longs évangiles et épîtres explicatifs des apôtres et des pères de l’église, et aux encycliques de Jean-Paul II ?

15. Les explications de Jacques Rancière ne sont-elles pas une nouvelle tentative de sabotage de la méthode Jacotot ? Un sabotage par l’explication de ce qui ne doit pas être expliqué ?

16. Pourquoi expliques-tu longuement le pourquoi et le comment de ton enseignement à domicile, si c’est inefficace d’expliquer ? Pourquoi ne te contentes-tu pas de décrire les faits, les actes, les émotions, les sentiments, comme Fénelon décrivait les aventures de Télémaque ?

17. Pourquoi m’as-tu répondu-tu jusqu’à présent par des explications ?!

18. Si je mets en doute la cohérence du message de Jacotot, puis-je essayer d’expliquer un autre point de vue ?

19. Vas-tu me répondre par des explications ? Pourquoi ?

Bisoux,

Arpentinops

Écrit par : Arpentinops | 10/04/2005

Je répondrai d'abord aux questions 1.Le jardinier de Nanane et les flamands ne sont pas plus doués que les francophones, ils ont eu simplement plus de désir, de volonté d'apprendre.
Comme le dit Jacotot, ils y voient simplement de l'intérêt.

2. Les francophones n'y voient pas d'intérêt. Va-t-on savoir pourquoi mais c'est ainsi. (Tu vois, je ne t'exlique pas pourquoi ils n'ont pas d'intnérêt...) je suppose, prenant comme exemple l'entourage de certains de mes amis, qu'ils sont simplement pris de paresse et considèrent le français ( la langue ) bien plus supérieure et utile que le flamand ( la langue ). C'est à eux de répondre enfait, pas à moi. je parle le flammand parce que cela m'émusait d'apprendre les langues, toues les langues étrangères. je suis tentée part l'arabe et l'esperanto ces derniers temps.

3. Parce qu'ils y voient de l'intérêt. Comme les francophones et les flammands de Belgique aussi, parlent plus l'anglais que le flamand. ou le français. L'anglais reste encore une des langue internationale la plus pratique.

4. Jacotot ne trouvait pas cela nécessaire. Il restait dans son état de maître "enseignant", c'est à lui qu'on demandait d'enseigner, pas d'apprendre. Mais qui sait, il a dû propablment s'amuser à apprendre quelque chose d(azutre suite à sa découverte, juste pour le plaisir.
comme il l'a dit : l'essentielle, c'est quela volonté y soit. Ce ne que d'elle que tout découle.

5. Ils auraient aussi appris avec une autre méthode que celle de Télémaque (c'est bien dit dans le livre ) et avec un maître "abrutisseur" mais en étant par la suite abrutis, tout simplement.
Et cela crée une civilisation d'abrutis. Come le dit Jacques Roncière, Jacotot, c'est pas une méthode, c'est de la politique.

6. Jacotot n'a pas fondé de "méthode" il a découvert une nouvelle poilitique, une nouvelle façon de concevoir l'intelligence. Si il y a méthode, c'est celle que je dis depuis toujours : pas besoin de maître quelconque pour apprendre quoi que ce soit. Disons que le maître, c'est LE livre (peu importe la matière ) et ses explications." tout est dans tout " dit Jacotot. je coris qui'l a très très bien interprété les faits. je le sais puisque c'est ce que j'ai vécu. Et a surtout vécu un Luis Ansa. (je te conseille le livre d'Henri Gougault " les sept plumes de l'aigle " et tu y découvrira un exemple frappant où la "méthode" Jacotot était appliquée d'instinct )

7. Si. Mais cela ne change rien au fait qu'ils n'ont pas eu besoin "d'explications" et de théories pour apprendre.

8. Il n'a pas choisi, c'est le hasard qui présenazit Télémaque en français et en flamand dans une même revue. Il a pris ce qu'il avait sous la main. Mais en effet, n'importe quel texte est bon.
Ce qui est en effet étonnant, d'après Jacotot, c'est que ces élèves flamands parlaient un français "télémaquien" ! C'est cela qui est, pour moi, enthousiasmant ! Pas besoin de théorie et d'explication pour apprendre, comme tu le dis, un texte sublime !
Pas besoin de maîtres savants pour apprendre des textes savants !

11. explications données aux "abrutis" sans doute..................... (ceux qui ont gardé l'habitude de cette méthode : tout leur epxliquer )
Jacotot, c'est surtout une politique nouvelle.

12. Il a sombré dans l'oubil car il vaut mieux, pour le Pouvoir en place que ce genre de politique ne se pratique pas ! C'est comme Vivant : trop de liberté à la clef, donc, plus besoin d'Etat, ou du moin un minimum de pouvoir d'Etat. La politique de Jacotot traite les humains en être libres et autonomes et je me "tue" à dire que notre société fait le contraire et frabrique le contraire via les écoles et les unifs. (en générale )

13. Parce que probablement il faut plus qu'une génération pour qu'un changement de ce genre se fasse et que probablement, nous ne connaissons pas l'histoire de ces gens mais qu'ils ont dû avoir un entourage sociale qui les a certainement "remis" dans le "bon chemin" : celui de "tout le monde". Nous ne pouvons pas répondre à cette question puisqu'il nous manque des faits.

14 . le message d'amour du christ ...existait depuis que la Vie EST. Et je ne suis pas du tout sûre qu'il est si bien resisté.... En paroles, certe, mais en actes ... ? Si c'était vrai qu'il aurait resisté, notre société ressemblerait plus à celle des Amérindiens que celle actuelle des occidentaux qui exploitent ce message pour maintenir un pouvoir sur ses citoyens et les maintenir dans une "sainte "souffrance.....
Attention, tu me lances sur un autre sujet ! Ce sujet là , je peux aussi en parler des heures ! Et puis, oui, il ressiste, comme notre société résite, puisque tu le dis très bien : "on" explique comment il faut aimer, "on" explique comment il faut être intelligent. Mais ce message qui "résite" est-il sincèrement celui donné par le Christ ? Peut-être que des Saint Paul aurait moins expliqué, il serait plus proche de la réalité, ce message d'amour du christ.
A la vérité, je déteste ce qu'expliquent les évangiles et les épîtres. Elles et ils, se contredisent de page en page. A force d'expliquer, elles, et ils, se contredisent, mèlent amour et jugement, infantilise les humains.
Pas un animal n'a besoin qu'on lui explique tout cela. Il le pratique. Si, si.... ! Trop d 'histoires d'animaux domestiques ou sauvages surprises par l'humain par hasard le démontre. C'est inné, l'amour, alors pourquoi devoir l'expliquer ? : Pour maintenir une certaine forme d'amour, celle qu'on peut contrôler. Comme le mariage et sa fidèlité : contrôle de l'amour.
Enfin, j'arrête sinon, je commence vraiment une autre conversation.

15. Un peu. Et non. Il décrit plus qu'il n'explique. Il ne sabote pas.

16. Je donne les faits, je donne mes conclusions. J'explique ma façon de penser ce que je voudrais qu'on comprenne à ma façon, c'est exact. Cela démontre bien le but des explications : être compris(e). La création du language vient de là aussi !
Mais ce que je fais surtout : je justifie mes choix, c'est tout.

17. Ce ne sont pas des exlications "théoriques" mais l'étalage de mes raisons et de mes buts. C'est de la politique comme le ferait n'importe quel candidat qui exliquerait sa future politique et où il veut mener les gens qui voteraient pour lui.
Ce ne sont pas des exlications, c'est une révolution que je fais, je dis "non" à un système et j'en applique un autre. Je le décris, j'en donne les raisons. Comme le dit Jacques Roncière " Comprendre n'est jamais que traduire, c'est-à-dire donner l'équivalent d'un texte mais non point sa raison" Et ce que je fais, c'est donner mes raisons, justement, les miennes.

19. Répondre ne veut pas dire exliquer. Je décris mes raisons, mes buts, et les causes et les faits qui m'ont annenée à tout ça.
Un exemple : tu me dis : "de quelle couleur est la maison ?" je te réponds "elle est rouge". Je n'explique pas qu'elle est rouge. Il n'y a aucune explication à donner. Si tu me demandes " pourquoi elle est rouge" , je te donnerai en effet des explications.

Alors, oui concluons par ceci : le seul moment où nous pourrions en effet exliquer quelque chose, c'est à propos de tout ce qui vient de nous-même, de nos émotions, de nos amours, de nos haines, de nos convictions puisque personnes d'autres ne peut être à notre place et que nous désirons être compris(e) pour moult raiosn, ploitique ou tout simplment pour ne pas être enfermé(e) comme fou ou folle.Mais il n'est pas nécessaire d'avoir des exlications , de ma part, sur TES états d'âme, TES convictions, TES croyances. La seule chose que je pourrais faire te concernant où concernant tout autre personne c'est décrire les faits.

Écrit par : CatherineLS | 10/04/2005

la société est-elle LE coupable ? (suite )
je reprends, j'ai fait une erreur de manipulation.

Oui, je crois que certaines formes de sociétés sont coupables. Ce sont toutes celles qui prennent un aspect sectaire. Tu connais mon parcours de vie et tu sais que j'ai vécu dans une communauté bouddhiste sectaire. Cette communauté était, et est toujours, reconnue par le clergé officiel bouddhiste comme une école reconnue. Pourtant, cela ne l'empèche pas de fonctionner totalement comme une secte à cause de son gourou.

Je puis t'affirmer que des groupes qui fonctionnent comme des sectes, il y en a des milliards. Certaine familles sont sectaires, certaines firmes sont sectaires, certains groupe religieux sont sectaire, certaine entreprises sont sectaires, certains Etats sont sectaires, certaines écoles et universités le sont aussi.

Je classifie de sectaire tout groupe qui ne tolère pas, qui juge et critique toutes autres expériences où croyances autres que la sienne et qui, à partir de là interdirait, par des lois ou par du harcèlement moral d'autres croyances et expériences que celles qu'elle impose.

Je classife de sectaire tout groupe qui exclue de son groupe ceux qui choisissent une autre façon de penser ou de vivre, sous prétexte que des pensées et des façons de vivre différentes ne sont pas cotoyables et surtout sous le plus extraoridinaire prétexte que ces idées différentes se feraient mutuellement du tort à la longue.

Dans cet objectif, je pourrais en effet être classée de sectaire puisque je retire mes enfants d'une société pour leur faire vivre un autre rythme.
Mais il faut pour me juger comme tel connaître le parcours : Céleste n'aurait pas quitté son école si il n'y avait pas eu ce malheureux fait avec Stéphane. Elle avait fait un choix djà, cleui de continuer à Schola.
Orian fait l'école à la maison, le temps qu'il reprenne racine en lui-même et qu'il acquière ce que l'école n'arrivait pas à lui faire acquérir.
Notre société est, à mes yeux, coupable car elle affirme qu'en dehors de ses écoles et ses universités, point de salut.
Et elle le confirme, isolant tout ceux qui n'ont pas suivit ses sentiers battus. Elle le confirme tant que presque tout le monde le dit "tu marginalises tes enfants " ce qui démontre la peur de chacun à quitter les sentiers battus de cette société qui exclut d'office ceux qui ne la suivent pas. Alors que si cette société respectait ses nombreuses constitutions écrites "dans le marbre" chacun aurait droit à démontrer son intelligence, ses capacités diverses sans devoir montrer "drapeau blanc" via un diplôme.
Cette peur est celle qui se trouve dans tout groupe sectaire : "tu ne fait pas comme j'ai dit : tu es exlu ".
Comme Stéphane l'a dit avec Céleste entre autre. Comme certaines familles le disent à leurs enfants, certaines écoles, unif etc.......
Il y a d'autres groupes, qui sont rares en effet (mais comme l'exemple premier est donné par notre société, c'est compréhensible) , acceptent réellement la liberté de chacun de faire à sa façon, du moment que cette façon ne tue pas la vie des autres et ne leur cause pas de problèmes majeurs. (Qu'il en cause à notre orgeuil "qui veut avoir raison" n'est pas majeur )
Je considère sans aucune fausse modestie que je fais partie de ces gens là. Mais c'est vrai, comme tu le dis, j'ai du connaître les défauts de cette société pour avoir envie d'en changer.
Mais c'est pas tout !
J'ai aussi dû connaître que d'autres exemples de société sont possibles. Et pour cela, il fallait que je le sache.

Je l'ai su par désobéissance, allant lire ce qui ne m'était pas permis par le groupe religieux dominant , ou pas permis par les parents, ou pas permis par l'école, décrit comme dangereux, idiots, imbéciles, démoniaque etc....

Tant qu'on n'offre pas à nos enfant un autre regard de société, comment veux-tu qu'ils puissent soupçonner que cela est possible ? Comment veux-tu que nos enfants nous croient si nous leur donnons un discours mais que nous continuons à les obliger à fréquenter une société qui est en contradiction avec notre discours ? Même si je leur explique toutes sortes d'excuses pour justifier que je les obligerais à aller à l'école par exemple, les enfants ne sont pas dupes, ils savent que c'est par peur que nous les obligeons à continuer à vivre selon le modèle dominant alors qu'il ne convient de moins en moins à la jeune génération. Et eux aussi auront peur et donc, rien ne changera jamais alors.

C'est ce que fait notre société : elle ne veut pas, dans de nombreux cas, que "nos enfants" et ses citoyens puissent avoir accès à d'autre façon de penser et de voir la vie. Sa plus grande menace pour obtenir une obéissance à cet interdit est de menacer ses citoyens de chômage et de difficulté à trouver une place parmis elle.

Et tout le monde obéit ...par peur. Même si, comme mon canari, les gens se sentent la plupart du temps libres et heureux dans cette cage, ils préfèrent ça que d'affronter la réalité, ou la non réalité, de ces menaces.


Tu ne quittes un groupe dominant que par désobéissance ou parce que tu as eu connaissance d'un autre exemple de groupe.

J'offre à mes enfants déjà un autre exemple. Ils connaissent déjà l'exemple de la société dominante. Orian est une âme désobéissante. Céleste est le contraire. Donc, le fait dernier à son école l'a poussée en fin de compte dans l'obigation d'expérimenter ce que je propose : l'autonomie de sa propre intelligence par elle-même. La découverte de sa liberté d'être autonome qui ne dépend pas de quelqu'un d'autre pour étudier, utiliser son intelligence et de faire ensuite, un choix, entre celui de sa Maman ou celui de la société dominante.

Comme je le disais : il faut vraiment offrir le choix, pas faire semblant, et espérer que nos enfants en feront un. Tant qu'ils ne sont pas confronté au choix, il n'en font pas.

Sauf les cancres, les désobéissants et les rejetés.

Écrit par : CatherineLS | 10/04/2005

La société n’est jamais coupable d’agir selon sa nature sociale. lundi 11 avril 2005

La société n’est jamais coupable d’agir selon sa nature sociale.
L’individu est seul responsable de son autonomie et de ses d’apprentissages.

Pour les sociétés, il me semble qu’il faut distinguer la société étatique des autres groupes

Pour l’apprentissage, il me semble qu’il faut distinguer les âges d’apprentissage, et les types d’enseignement.

A. Il y a deux sortes de sociétés :

1. La société étatique,
qui peut exercer sur vous un pouvoir auquel il est très difficile d’échapper : juridique, fiscal, militaire, policier, financier, de santé publique, administratif, éducatif…

Le degré d’autonomie que le citoyen peut avoir vis à vis de cette société dépend de son degré de dépendance économique et parfois idéologique, des pouvoirs qu’il peut y exercer (politique, économique, juridique, médical, technique, administratif…), et de son degré d’intégration.

Il est difficile d’y échapper.

Dans nos sociétés occidentales, elle est représentée par des états démocratiques établis sur base territoriale.

La question de savoir si elles sont justes, sectaires et contraignantes sont de relativement vaines questions, sauf pour les adultes réformateurs politiques. Pour les autres, elle fait partie des faits, de la réalité qui s’impose à chacun dès qu’il se trouve dans un pays.

Dans la mesure où elles sont issues d’un processus démocratique, elles ne sont pas « coupables », parce qu’elles sont ce qu’elles sont. Elles sont réformables et évitables, mais très difficilement.

2. Tous les autres groupes,
auxquels il est possible d’échapper parce qu’elles ne peuvent exercer sur vous que des contraintes morales et matérielles limitées, et parce qu’il suffit le plus souvent d’un acte de volonté ou d’autonomie pour y entrer ou en échapper. (Il y a une nuance avec le groupe familial dont on ne peut légalement échapper que par l’âge de la majorité et la naissance, l’adoption, ou le mariage).

Certaines sont « sectaires » et peuvent mettre à l’épreuve le degré d’indépendance, de volonté, de force morale ou d’autonomie d’un individu. Mais ces groupes n’existent que par l’adhésion d’individus qui ont le droit légal de refuser d’y adhérer.

Elles seront facilement tentées de se rendre « coupable » de sectarisme, par exemple, mais pour échapper à leur « culpabilité », il est possible de ne pas y entrer (sauf dans la famille) ou de les quitter ou d’y acquérir du pouvoir pour les réformer, et surtout de créer d’autres groupes plus conformes aux aspirations sociales de chacun.


Mais je n’adhère pas du tout à la notion de « culpabilité » d’une société ou d’un groupe. Je trouve que c’est l’individu qui serait « coupable » de ne pas exercer ses capacités d’autonomie ou de réforme, même si elles sont parfois difficiles à exercer à cause des contraintes de la société étatique ou d’un groupe particulier (familial, religieux, économique, scolaire, colombophile ou autre).

Toute société ou tout groupe a pour finalité de survivre comme groupe, et donc d’exercer des contraintes sociales sur ses membres. Je crois qu’il y a une contradiction fondamentale à imaginer qu’une société ou un groupe puisse avoir pour finalité (et non pour moyen) le développement de l’autonomie de ses membres. L’individu s’occupe de l’individu (et de ses enfants et personnes très proches, amis, conjoint), la société s’occupe prioritairement de la société, et le groupe du groupe.

En quoi une société ou un groupe pourrait-il être considéré comme « coupable » d’affirmer sa nature de société ou de groupe et de vouloir se perpétuer comme telle ?

Une société étatique démocratique ne peut exclure ses nationaux qu’en les mettant en prison et doit se conformer à des lois qui, dans nos sociétés occidentales, laissent une place à l’autonomie, la liberté individuelle et la liberté d’opinion.

Mais pourquoi un groupe ne pourrait-il pas être « sectaire » et ne pas « tolérer, juger et critiquer toutes les autres expériences ou croyances autres que les siennes » ?

Aussi longtemps que ces groupes n’enfreignent pas les lois sur la liberté individuelle, la liberté d’opinion ou le harcèlement, elles peuvent faire tout ce qui est conforme à leur règlement interne.

Ce serait une autre forme de sectarisme et porter atteinte à une autre liberté fondamentale, la liberté d’association, que de le leur interdire !

Il y a une certaine faiblesse ou lâcheté de la part d’un individu qui subi une contrainte désagréable de la société ou d’un groupe, à dire « c’est pas de ma faute », c’est la société ou le groupe qui est « coupable » ou « sectaire », ou ce sont mes parents ou l’école qui ne m’ont pas appris l’autonomie.

A quoi sert le jugement personnel, la crise d’adolescence, les capacités d’autonomie que d’autres exercent autour de vous, sinon pour vous faire découvrir par vous-même votre propre capacité d’autonomie ! Pourquoi choisir de faire comme les non-autonomes ?

Que vaudrait une autonomie apprise ou enseignée par les parents ou par l’école ? Que vaut une autonomie qui n’est pas arrachée volontairement à ses parents, à l’école, à la société ou d’autres groupes.

Qu’est-ce qu’une autonomie conforme à un exemple ou un apprentissage parental ou scolaire ?

C’est un autre conformisme !

Qu’est-ce que « offrir à nos enfants un autre regard de société » si ce n’est offrir ton regard de société à tes enfants ? Le seul regard qui compte, c’est celui qu’ils porteront eux-même sur la société qui les entoure.

Tout regard offert ne compte pas. Seul leur regard posé directement sur la société compte. Et plus la société qui les entoure sera la société qui existe, telle qu’elle est, plus leur regard sera enrichissant. Jusqu’à l’âge adulte, ce sont évidemment les parents qui choisissent la société et la quantité et qualité de société où baigne leur enfant. Mais l’autre regard… ! Inutile !

« Tant qu’ils ne sont pas confrontés au choix, ils n’en font pas ». Et « Comment veux-tu qu’ils puissent soupçonner que cela est possible ? », me dis-tu ? Tu te moques de moi ou tu es de mauvaise foi ! Tu te fais vraiment une opinion aussi médiocre de tes enfants ? Si c’est ce que tu crois, tu risques d’être un jour surprise de la capacité de soupçon et de choix de notre jeunesse actuelle ! Et s’ils sont aussi peu soupçonneux ou choisissants que tu le crois, tant pis ou tant mieux pour eux. Mais ce n’est pas toi qui rendras soupçonneux un enfant qui ne découvre pas sa capacité de soupçon ou de choix par lui-même.

Et si toi, tu as tardé à devenir soupçonneuse ou choisissante, ce n’est pas de la faute de la société ; C’est simplement que ton heure n’était pas encore venue !

« Tout le monde obéit… par peur ! » Mais non ! Tu as longtemps obéit (je ne savais pas que c’était par peur), tu as des amis ou des proches qui obéissent, tu vis dans un groupuscule obéissant, peut-être. Mais tu devras bien laisser tes enfants découvrir la désobéissance tout seuls. Si l’exemple de ta désobéissance ou de ton obéissance leur déplaît, ils ne deviendront peut-être pas ce que tu espères sur ce plan. Peut-être plus, peut-être moins, peut-être autant, peut-être différent ! Et je les crois moins peureux que tu n’imagines !

« Offrir le choix à ses enfants » Quelle présomption ! Cela marche aussi longtemps qu’ils se soumettent à votre autorité. Et alors, ils choisissent dans ce que nous leur proposons. Ce n’est pas un acte d’autonomie, dans ce cas là, mais un acte de soumission ! Le jour où ils choisiront de façon autonome, ils n’auront que faire de nos choix pour eux.

Bien sûr, je leur proposerai aussi longtemps que possible des choix limités que je considère comme les plus formateurs pour l’outil de manipulation de concepts qu’ils ont dans la caboche. Mais dès qu’ils utiliseront cet outil de façon autonome, mes choix offerts ou rien…

« Expérimenter ce que je propose ». Quelle terrible contradiction dans les termes ! Quelle impitoyable double contrainte ! Et pourquoi pas « Obéir spontanément » ou « Si tu veux me faire plaisir, fait ce qui te plaît !», ou « Découvre ce que je te montre » !

Par ailleurs, de quel droit sortirait-on d’un groupe sectaire quelqu’un qui s’y sent bien ou qui n’exerce pas sa liberté d’en sortir ? Même si c’est ton enfant ! Rappelle-toi ta réaction quand tes parents ou tes proches ont essayé de « te sortir de ta secte ». Regrettes-tu qu’ils n’y soient pas parvenus ? Aurais-tu aimé qu’ils te privent de l’expérience de juger toute seule d’en sortir ou non ?

Ce n’est pas clair non plus si tu te plains de t’être sentie exclue de la société quand tu es entrée dans ta secte ou quand tu en es sortie, ou quand tu t’es sentie autonome, ou si quoi que tu fasses, tu te sens exclue et donc non-autonome, ou si tu te sens enfin autonome mais que tu sens que tous ceux qui ne sont pas autonome comme toi se sentent exclus ? Cela ne laisse évidemment pas beaucoup de chances à la société, qui, quoi qu’on fasse, est coupable d’exclure. Et si c’était donc de la nature d’une société ou d’un groupe d’être exclusifs (ou sectaire), seraient-ils coupables d’exister ? Faut-il condamner toute société, tout groupe ? D’après toi, cela ferait des milliards de condamnés ! Et combien d’individus vertueux ? Faudrait-il légiférer pour que toute société ou tout groupe doive accepter tout le monde, toutes les opinions, tous les buts, toutes les activités. Il n’y aurait alors plus qu’une seule société dans le monde, composée de six milliards de membres. Du pain béni pour tous les appétits totalitaires !

La volonté, la personnalité individuelle, l’autonomie, la connaissance de soi, et la désobéissance ne s’apprennent pas, cela se prend, s’acquiert, se conquiert par soi-même, cela s’arrache aux parents, à la famille, à la société ou au groupe, même si l’exemple, l’encouragement et la sollicitude des proches sont toujours bienvenus, mais rares en pratique.

Cela ne se demande pas, ne se reçoit pas d’un autre.

Seules les hormones de la puberté et la crise d’adolescence qui les accompagnent peuvent aider !

Les moyens d’y parvenir sont l’étude, la volonté, les essais et erreurs, la désobéissance, la révolte, la fuite, l’intégration, le refus, l’adhésion, la rupture, l’exemple, le contre-exemple, l’admiration, la haine, l’amour, l’amitié, les déceptions, les encouragements, le hasard, les coïncidences, les livres, le quotidien, l’exceptionnel, l’ennui, les conversations, la méditation, la création intellectuelle, la santé, la maladie, les épreuves, l’équilibre, la sérénité, l’agressivité, le mysticisme, la sexualité, l’éveil des sens, la création artistique, le sport, la fatigue, le repos, la contemplation, les voyages, les contacts, la solitude, etc…, bref, tous les moyens sont bons pour trouver son autonomie, sa personnalité (et l’âme sœur !), sauf de chercher des coupables si on n’y arrive pas !

Ceux qui ont acquis par eux-même leur autonomie la verront éclore et se développer avec bienveillance chez les autres, chez leur enfant, sans intervenir, sans leur demander « d’expérimenter ce que je propose » de peur de la gâcher, de la briser.

C’est comme l’amour. Vous pouvez essayer de donner tout ce que vous voulez à votre enfant, s’il n’accepte pas, ne prend pas, n’intègre pas, vous aurez un enfant autiste. Si l’Autre n’accepte pas votre amour, ne prend pas, n’intègre pas, vous aurez tout au plus un ami, ou un étranger, ou quelqu’un qui vous rejette. C’est évidemment plus grave pour l’enfant que pour l’Autre !

L’autonomie ne se donne pas ! Pas plus que la volonté d’apprendre !

Celui qui ne prend pas son autonomie, ne développe pas sa personnalité, ne désobéit pas, ou n’apprend pas n’est pas une victime d’une société coupable.

C’est un membre soumis de la masse du troupeau !

Et tant pis ou tant mieux pour lui. Si son objectif n’est pas l’autonomie mais le bonheur, il sera peut-être très heureux.

Par contre, la voie vers l’autonomie est semée d’embûches !

Quelqu’un vraiment autonome ne se dira plus victime d’une société « coupable » ou d’un groupe « sectaire ». Il aura acquis les moyens d’être un individu autonome et social, comme il l’entend. Et ne cherchera pas à forcer l’autonomie de qui que ce soit ou à sortir quelqu’un de son troupeau favori.

B. Il y a, me semble-t-il deux âges d’apprentissage.

1. L’âge où l’enfant est sous la responsabilité d’adultes, principalement parentaux, et où sa volonté d’apprendre dépend beaucoup de l’admiration, des modèles sociaux et parentaux, des encouragements de la valorisation sociale ou familiale de l’apprentissage. Un maître ou des parents, aimés, admirés attentionnés, pédagogues, encourageants, clairs, influents, exemplaires sont alors bienvenus ! Si ce maître est ignorant des bonnes méthodes pédagogiques, il sera ridicule, non crédible et non efficace. Un minimum de connaissances de base est indispensable. Un maître analphabète ou acalculique aura des problèmes. Un maître qui ne peut répondre à un minimum des innombrables questions que pose un enfant perdra en crédibilité et admiration.

C’est l’âge d’Orian. De bons maîtres, familiaux ou scolaires, et un bon groupe d’amis, familiaux, voisins, sportifs, scouts ou scolaires, c’est tout ce qu’il lui faut. Il peut trouver cela chez toi ou à l’école, à votre meilleure convenance à tous les deux.

2. L’âge adulte ou post-adolescent, où l’ex-enfant doit acquérir seul les capacités et les connaissances qu’il veut acquérir. Le maître est là pour présenter la matière et contrôler les acquis.

C’est l’âge de Céleste. Elle a l’âge et les moyens d’apprendre tout ce qu’elle veut, seule ou en groupe, dans n’importe quel type d’apprentissage (cfr. infra).

Sociable comme elle est, si elle doit tout apprendre seule, elle va tellement s’ennuyer, qu’elle préférera peut-être intégrer la « masse du troupeau » !

C. Il y a, me semble-t-il deux types d’apprentissages organisés par la société.

1 L’apprentissage qui donne des pouvoirs dans la société (étatique) : droit, médecine, ingénieur, économie, sciences, arts, et l’exercice de la politique essentiellement par l’apprentissage de l’acquisition de votes électoraux.

Des maîtres sur-compétents dans des matières dont ils connaissent les derniers développements sont bienvenus.

L’apprentissage est autonome et dépend presque entièrement de la volonté de l’individu.

Les places sont chères et rares, la demande forte, et les efforts pour y parvenir importants.

Les explications du maître sont recherchées, parce qu’elles donnent les derniers états de chaque discipline.

Les individus qui acquièrent les diplômes (ou les votes !) correspondant à ces apprentissages pourront, s’ils le désirent, s’intégrer facilement à la société qui délivre ces diplômes (et ces votes), et même, s’ils le veulent, participer au pouvoir.

Le diplôme sert évidemment de drapeau blanc pour justifier vis à vis de la société de l’exercice des pouvoirs qui y sont attachés.

Les concepts manipulés sont très nombreux, complexes et abstraits.

2 L’apprentissage qui forme des rouages (sans réel pouvoir) de la société : journalisme, commerce, assistance sociale, assurances, banques, interprétariat, infirmier(e)s, paramédical, para-juridique, enseignement scolaire, interprétariat, secrétariat, technique, artisanat (si on peut le distinguer de l’art !), métiers divers…

Toutes les méthodes et les compétences ou les ignorances et les sont bonnes pour former des rouages dociles de la société !

Les places sont nombreuses, et l’effort pour y parvenir est acceptable.

Les maîtres ignorants efficaces y sont bienvenus !

La participation au pouvoir est le plus souvent subalterne ou limitée à l’exercice du droit de vote ou de la liberté d’opinion.

Le diplôme sert évidemment de drapeau blanc pour justifier vis à vis de la société de la capacité d’exercer la fonction de rouage docile.

Les concepts manipulés sont relativement peu nombreux, plus simples et plus concrets.

Bisoux,

Arpentinops.

Écrit par : Arpentinops | 11/04/2005

et re-abracadrabrI (c'est mieux ! ) Non, c'est faux.

la finalité de Schola est un enseignement de bon niveau et satisfaisant, ok, mais cela ne garantie pas que les individus y participant en reçoivent les bénéfices escomptés ! Ce qui reçoit les bénéfices de cela, c'est le groupe : Schola.

Schola est un groupe qui continue comme cela parce que ses membres, sauf quelques uns, et ils se font alors exclurent (ou se feront exclurent ....), acceptent de se taire et de subir , comme tu dis, l'autorité parfois très mal placée de Stéphane, donnant comme justification : Schola donne quand-même un bon résultat intellectuel.

Si.. si ( abracadabrI ) si chacun des individus disaient "non, nous n'acceptons plus cet abus d'autorité " Stéphane se retrouvant dans une école vide, changerait, accepterait de mettre un conseil de discipline en place.

C'est pour cela que tout groupe est responsable, ou coupable.
Par facilité, les individus qui forment le groupe se taisent, ou "se plient" et, peut-être nourissent leur enfants d'une bonne nourriture intellectuelle, mais aussi, par "ommission" nourrissent de compromis que j'estime dangereux, leurs enfants.
Ces mêmes enfants reçoivent donc le message que c'est ainsi qu'il faut fonctionner dans une société ou un groupe, donnant donc certaines priorités dominantes, par choix et non parce qu'on ne peut pas faire autrement ; on dit "c'est comme ça, il n'y a rien à faire ".

Rien à faire ?
Ho que non !
Au fond, quel est le but de ce bon enseignement de Schola ?
dis le moi !
C'est quoi ?
c'est que nos enfants aient les armes pour se défendre , s'expliquer et se faire respecter dans une société quel-con-que.

Il y a contradiction totale dans Schola alors ! Et de la part des parents.
Si je dis à Céleste : Schola te donnera les armes qu'il faut pour que tu puisses vivre ce que tu désires dans ta vie, l'expliquer, te faire comprendre et que je lui demande de se taire et de se plier lorsque justement il est question qu'elle se fasse comprendre je lui démontrerais qu'au fond, non, c'est pas ça le but de ses études. Et dès loçrs, où serait la justification de ses études ? n'en n'ayant plus, elle en ferait alors encore moins.

Céleste qui téléphone est une enfant qui prouve son autonomie. Elle avait parfaitement compris le message de Stéphane dès le départ : redevenir une élève super-sage et studieuse, ne pas avoir droit à une certaine autonomie où elle recherchait un équilibre entre son stress et gérer la matière de Schola.

La remettre à l'école était fermer les yeux, agir par lâcheté, par facilité, poussée par la peur "mais que va-t-il se passer si Céleste ne va pas à l'école ? " Hé bien rien de grave en tout cas.
Sauf qu'elle a confiance en elle, qu'elle a la certitude qu'une autre façon de vivre dans une société peut se faire. Elle n'est pas exclue de La société, mais que de Schola pour l'instant.
Elle a 16 ans à peine et on voudrait que je panique comme si elle avait 25 ans, au début d'une vie d'adulte ?

Ce genre de société fonctionne parce que ses individus la cautionne.

Prenons un autre exemple de société : la société musulmane qui voile ses femmes de façon obligatoire car, dit-on, c'est la seule façon pour ses femmes d'avoir accès alors à une certaine liberté (je shématise à fond, car je n'ai pas le temps là ). J'ai entendu certaines de ses femmes dirent et accuser directement les femmes elles-même d'être responsables de maintenir cela : ce sont les mères qui forcent, malgré leur propre souffrance, leur filles à se voiler. C'est illogique, c'est imbécile, c'est clair que si les mères disent l'une après l'autre " stop ", le groupe change. Ce groupe là est coupable car ses membres ne changent pas.

Les groupes sont coupables d'obéissance à leur propre fonctionnement.

Revenons-en, à Schola.
Tu dis "tous coupables d'exclusion sauf Schola"
Ce que je vais dire là, je ne le demande à personne, et je ne juge personne , et n'en veut à personne si cela ne s'est pas fait et ne se fera probablement jamais.
Schola, c'est vous tous, les enfants, les parents et les profs qui ne disent rien de peur de perdre leur salaire. (Comme l'exemple du prof de chant dans "les choristes" )Ce n'est pas Stéphane, car sans vous, Schola n'est plus.
Etrangement, la plus part des enfants ont tous pris le parti de Céleste dès le départ, sauf quelques uns.
(Je ne vais pas analyser pourquoi .)
Au fur et à mesure que les parents on donné leur avis, les enfants se sont "pliés".
On aurait laissé aux enfants leur pouvoir de choisir la société qu'ils voulaient, je te jurent que Schola aurait changer, Stéphane aurait été obligé de reconnaître qu'il s'était trompé DE METHODE. Et sans perdre rien du tout de son autorité de pédagogue, il aurait simplement changer de méthode de discipline, il aurait accepté un conseil de discipline, etc.... et la "société Schola" aurait été encore mieux et plus parfaite.

Là, maintenant, vous avez tous cautionner sa méthode et il continuera un jour, avec quelqu'un d'autre.
Qui sera le prochain enfant ? Chaque parent espèresimplement que ce ne sera pas le sien.
Car cela fait des dégâts.

Qui est responsable ? Pas toi puisque tu a proposé un conseil de discipline. Le fait est que tu es seul, soutenu par personne, cela donne de la force à Stéphane. Et parce que tu crois que le groupe "shcola" c'est Stéphane. Tu n'avais donc pas de poid. Il fallait faire appelle "aux citoyens de Schola ", un vote etc....
Mais il y a un "réflexe d'obissance" chez les adultes - reflexe qui trouve ses racines dans leur passage dans les écoles et les universités où ils faut obéir sour peine d'exclusion. Modèle que Stéphane a reçu et continue à perpétuer, malgré les belles études intellectuelles reçues, toujours pas capable de comprendre où est l'abus. tTu vois bien que c'est dur par la suite, en tant qu'adultes de se guérir de se besoin d'obissance et que malgré l'acquis des meilleurs études intellectuels, l'autonomie ne se prend pas !
Sur ces 4 années de Schola, j'ai souvent parler à Stéphane et Caroline de la méthode "discipline". J'étais seule aussi à dire.. Et c'est Céleste qui' l'a payé !
C'est vrai que si Céleste était encore à Schola, je te soutiendrai, j'irai chez les autres parents, pour obtenir ce conseil de discipline.

Schola appartient à Stéphane ? Non, il n'a que le choix de la méthode d'enseignement. Il nous popose un choix de matières, d'enseignement selon une méthode, nous sommes libres de l'accepter ou non.
J'avais parfaitement accepter sa méthode puisque Céleste est retourné à Schola après Noël.

J'ai très bien fait de retirer Céleste de Schola. Je démontre à ma fille l'autonomie et la liberté et l'infinité de solutions dans une société.

Elle est triste et elle est simplement honnête en disant cela mais elle n'a pas de regrets par rapports aux faits. On confond souvent "tristesse"' avec "regrets" !

Je suis fière car elle sait faire la part des choses. Souvent, les êtres pour ne pas être tristes, rejettent tout en bloc. elle garde le bon côté de Schola en elle, des bonnes études, des amis fantastiques, une ambiance unique et merveilleuse.

Mais elle a vu aussi l'outil négatif que tout ce positif peut devenir par la manipulation qu'en fait un Stéphane pour obtenir de la part de ses élèvent qu'ils se plient ! (de peur de quitter un si agréable paradis soclaire, ils se plient. )



Céleste lit pour son examen de français un essai d'Albert Jacquart " A toi qui n'es pas encore né(e) ". Je l'aide parfois car il y fait référance à des faits politiques Français.
Je concluerai par un phrase de ce livre
"Ne pas obéir n'est généralement pas une solution de facilité ; nombreux sont ceux qui préfèrent la douce passivité de la soumission à l'inquiétude souvent douloureuse des remises en cause (..... ) L'insurrection ne peut être considérée comme un droit que si elle est ressentie comme un devoir. Il s'agit donc d'assumer une responsabilité. Ce n'est pas confortable, mais c'est le prix de la liberté "

Mon devoir de mère est de protéger mes enfants de la déstruction émotive, source de créativité. J'ssume la responsabilité du chagement que cela provoque. Ce changement est enrigissant, Céleste se prend en charge.



C'est exact, Céleste à en effet souvent raconté, avec indigantion, les colère de Sthéphane. J'ai souvent eu de nombrteuse discussion avec Stéphane et Caroline, tout au long de ces 4 années, sur le fait que chaque enfant est différents et que certains ne fonctionnent pas à cette méthode.

Écrit par : CatherineLS | 13/04/2005

Je persiste mercredi 13 avril 2005

Je persiste.

Schola Nova est une association exclusive ou même sectaire, dirigée par un directeur impulsif, arrogant, manipulateur, et tout ce que tu veux. Mais il ne semble pas que l’objectif premier de ce groupe soit la satisfaction des appétits de pouvoir de son directeur.

Sa finalité est un enseignement classique de bon niveau et ce but semble être atteint de façon satisfaisante.

Le bénéfice escompté est effectivement un bon résultat intellectuel qui permette à l’étudiant d’utiliser un bon outil conceptuel à la solution de tous les problèmes de la vie terrestre.

En cas de problème avec cette association, il faut vérifier si c’est un problème essentiel, touchant à la finalité de l’association, ou un problème accessoire, concernant la nature imparfaite des groupes et des individus.

Si c’est un problème essentiel, touchant à la qualité de l’enseignement dispensé, il faut exercer sa liberté de quitter une association créée au nom de la liberté d’association, parce qu’elle ne remplit pas ses objectifs.

Sinon, il faut régler le problème, le plus souvent humain, pour préserver l’objectif essentiel de bénéficier de l’enseignement dispensé, et la capacité, que nous avons, de modifier ou de réformer une association imparfaite.

Régler ce problème humain à Schola passe évidemment par l’instauration d’un conseil de discipline. Le pouvoir d’instaurer ce conseil appartient évidemment aux membres effectifs de Schola que sont les parents et professeurs.

Mais les professeurs craignent pour leur emploi, et les parents craignent pour leur enfant.

Comme les parents de Victor et probablement beaucoup d’autres, plutôt que de refuser les menaces de renvoi de Stéphane, si tu avais laissé ta fille à Schola et exigé un conseil de discipline correct, les choses auraient pu évoluer.

Mais tous les parents, comme toi, préfèrent retirer leur épingle d’enfant du jeu.

Si Stéphane se retrouvait devant une école vide, comme tu imagines, eh bien, il n’y aurait plus d’école Schola Nova. Et comme elle est pratiquement la seule de ce type en Wallonie, il faudrait à nouveau que quelqu’un comme Stéphane déplace des montagnes pour en créer une, pratiquement la même, mais avec un conseil de discipline.

C’est ça la solution ?

Pour Victor comme pour Céleste, Stéphane a toujours prétendu qu’il ne renvoyait personne. Effectivement, il obtenait que les parents retirent spontanément leur enfant de l’école. Pour Céleste, il a même pu affirmer sans rire qu’il regrettait son départ et que ce n’était pas du tout ce qu’il voulait.

Si personne ne cherche à faire évoluer les sociétés existantes, à les réformer, si les parents préfèrent quitter Schola, et n’y avoir plus rien à dire, puis trouver une solution de rechange pour leur enfant, l’arbitraire disciplinaire continuera, ou l’école se videra.

Aucune des deux solutions n’est bonne.

Il faut refuser courageusement les exclusions qui proviennent d’un homme, Stéphane, parce que le groupe d’où émane la vraie autorité du groupe, c’est nous, les parents et professeurs.

Mais dans les deux cas de Victor et Céleste, que j’ai suivi de près, les parents avaient déjà accepté le renvoi avant même de discuter de sa validité.

Stratégie de fuite, pas très constructive, pas très courageuse !

Il est plus facile de dire que toutes les sociétés sont coupables et expliquer ce que tu aurais fait si Céleste était restée !

Et les enfants reçoivent comme message qu’il n’y a rien d’autre à faire pour réformer une société que de la quitter.

Le but premier des études est que chacun puisse au minimum un jour gagner sa vie, exercer un métier, dans la société existante. S’il acquiert des compétences supplémentaires qui lui permettent d’améliorer ou de réformer la société, magnifique ! Mais c’est totalement contre-nature pour une société de donner priorité aux capacités de réforme sur les capacités d’adaptation.

La société quelconque, dont tu parles, n’existe que dans tes rêves, actuellement. Et tu ne peux pas imposer la capacité de vivre dans tes rêves comme programme d’apprentissage à tes enfants.

Et les parents responsables doivent d’abord permettre à l’enfant d pouvoir survivre dans la société existante, pour ensuite travailler à sa réforme. Les mères musulmanes ne font que cela. Si leur fille n’est pas exclue de la société, elle étudiera avec le voile dans de bonnes écoles, et pourront, un,jour, travailler à changer la société de l’intérieur. Il y a peu de femmes musulmanes, avocat, médecins ou ingénieurs qui sont encore voilées en Belgique, et même au Maroc ! Elles ont le pouvoir et les moyens matériels et intellectuels pour réformer leur société.

A moins que le parent ne soit sûr de pouvoir subvenir à ses besoins jusqu’à ce que la société ait été réformée. Terrible période de dépendance pour l’enfant, en attendant le Grand Jour. Le Communisme a promis cela pendant des décennies, grâce à une soumission totale à un pouvoir absolu.

Il n’y a que les pensionnés ou rentiers de naissance, et qui croient que cette situation durera toute leur vie, qui peuvent se permettre d’étudier rien que pour le plaisir, ou pour être armés pour vivre uniquement dans une société idéale. Les autres doivent se préparer à affronter ou à réformer la dure réalité.

Céleste vient d’apprendre qu’on pouvait fuir la réalité sociale existante, éviter toute réforme de la réalité existante, pour se réfugier dans le cocon familial. Et il sera toujours là le cocon familial ? Quel exemple d’autonomie ?

« Que va-t-il se passer si Céleste ne va pas à l’école ? » Rien de grave, évidemment. Les jurys et les examens d’entrée en agro. concernent des milliers d’étudiants, et pas les plus autonomes ! Il y a là d’authentiques cancres qui vivent chez papa-maman très confortablement jusqu’à un âge avancé.

La société a donc même prévu des solutions de rattrapage pour les exclus de la réalité sociale et scolaire la plus courante.

Ce qui pourrait être grave, c’est ce qu’il va se passer si Céleste croit qu’elle pourra toujours échapper à une réalité sociale contraignante parce que sa maman l’y encourage.

Mais je crois aussi, que malgré tes rêves de société idéale et non coupable, tu laisseras quand même un jour ta fille découvrir seule la société existante. Ce sera le vrai début de l’autonomie pour elle. Il n’y a donc aucune raison de paniquer !

Elle a probablement surtout appris de l’expérience les désavantages de quitter la réalité sociale existante : éloignement du groupe d’amis, solitude dans l’étude, renforcement du lien familial à l’âge où il devrait se relâcher…

Je suis d’accord avec ta citation. Il ne fallait pas obéir à la tentative de Stéphane de renvoyer Céleste. C’était la solution de facilité et une forme de passivité et de soumission à l’arbitraire de l’autorité.

Il y avait un droit, un devoir, et une responsabilité à s’opposer à ce renvoi. Ce n’est pas confortable, mais c’est le prix de la liberté.

Raconter avec indignation les colères de Stéphane, et avoir de nombreuses discussions avec lui ne suffisait évidemment pas !

Écrit par : Arpentinops | 13/04/2005

Oui. Oui, c'est vrai.
Tu as raison cette fois-ci : je n'aurais pas du, peut-être, tout de suite retirer Céleste de Schola.
Mais c'est aussi vrai que souvent, par ci, par là, nous avons eu tous vent des accès d'autorité de Stéphane et cela restait toujours "en petit commité" oubien, nous entendions les autres parents " excuser " Stéphane.
Je crois très sincèrement que si j'avais su que j'aurais été soutenue dès le départ par les autres parents pour demander un conseil de discipline,
( ce qui fut ton idée, je n'y avais pas pensée sous le coup de l'émotion ) Céleste serait peut-être encore à l'école.
Mais encore, je n'en suis pas sûre, car, ce que je repproche surtout a son fondateur, c'est d'avoir pris Céleste comme bouc émissaire des conversations que nous avion eues, lui et moi ; c'est d'avoir imaginer chez Céleste et moi un désir d'imposer notre idéologie donc, conseil de discipline ou pas, avec ces enfants dont les parents résistent à son autorité.
Un peu "par derrière" - tous les enfants ne vont pas chercher conseils alors auprès de leurs parents afin de vérifier la Justice des paroles et actes de Steph. - il peut casser les enfants.
Pour réussir une vie, j'attache bien plus d'importance à un équilibre d'estime de soi qu'à des études brillantes. J'ai trop vu les dégats autour de moi de ces adultes brimés dans leur jeunesse par des écoles autoritaires et par l'absence des parents pour les défendre. les dégats se voient dans leur ménage, dans leur travail, dans leur état de santé, de leurdéprime, la lâcheté etc.....

NOn, ami, même si les études de Schola sont franchement bien, l'ambiance franchement idéale, si l'enfant à le malheur de déplaire au fondateur, c'est la déprime et la descente aux enfers du manque d'estime de soi-même, de la destruction de la part de narcisisme nécessaire qour continuer à étudier.

Je n'ai pas à me mêler en effet des autres enfants, n'est-ce pas, mais mon coeur se révolte lorsque je vois, petit à petit, un enfant ou l'autre, perdre cet éclat de joie et de bonheur dans les yeux, entendre certains me dirent qu'ils ne croient pas en eux, qu'ils sont idiots, bêtes, imbéciles, que le future de leur vie et catastrophique, et qu'ils ne réussiront jamais rien.

Je ne suis pas une personne qui influence, mais je suis une personne qui VOIT ce qui se passe...et cela touche parfois certains enfants droit dans leur coeur.

J'ai été touchée par les paroles même de Céleste : parce que je leur avait expliqué "travaillez pour vous-même, trouvez en vous votre motivation, cherchez ce qui est VOTRE moteur"
" Mais Maman, c'est parce que ce que tu dis est tellement vrai en nous, que c cela touche tellement ce que nous n'osons pas dire, que cela nous fait pleurer. "

Écrit par : CatherineLS | 13/04/2005

Abracadabra mardi 12 avril 2005

Abracadabra !

Note : ce texte se place chronologiquement avant « re-acadabri » de Catherine

Considérons que chez les humains, « individu social » soit un pléonasme.

Considérons que la liberté d’association doive être reconnue, et que le caractère exclusif ou même sectaire d’un groupe fait partie de sa nature.

Les groupes ne sont alors pas coupables d’exister selon leur nature.

Considérons que la liberté d’opinion et d’attitude vaut pour les individus comme pour les groupes.

Les groupes pourraient alors être évalués d’après leurs objectifs.

SN., par exemple, est une association exclusive ou même sectaire, dirigée par un directeur impulsif. Mais il ne semble pas que l’objectif premier de ce groupe soit la satisfaction des appétits de pouvoir de son directeur. Sa finalité est un enseignement classique de bon niveau et ce but semble être atteint de façon satisfaisante.

En cas de problème avec cette association, il faut vérifier si c’est un problème essentiel, touchant à la finalité de l’association, ou un problème accessoire, concernant la nature imparfaite des groupes et des individus.

Si c’est un problème essentiel, touchant à la qualité de l’enseignement dispensé, il faut exercer sa liberté de quitter une association créée au nom de la liberté d’association, parce qu’elle ne remplit pas ses objectifs.

Sinon, il faut régler le problème, le plus souvent humain, pour préserver l’objectif essentiel de bénéficier de l’enseignement dispensé.

En pratique, S., qui paraît un homme de raison, est en fait impulsif, indélicat et blessant. Ses cours et son école sont bons. Par ailleurs, quitter une école en cours d’année pose des problèmes.

C. est une jeune fille sociable, sensible, intelligente et studieuse, qui aime sa mère, K.

K a plein d’idées nouvelles sur l’enseignement depuis qu’elle enseigne son fils à domicile, pour d’excellentes raisons. Elle a proposé à sa fille d’étudier aussi à la maison à cause du stress que celle-ci subissait à l’école, provoquée sans doute par l’attitude autoritaire de S., et l’habitude de C. de peut-être trop bien faire et d’étudier au mieux des matières difficiles.

C. a été tentée de quitter l’école à Noël, puis a préféré rejoindre ses amis à SN. pour continuer à étudier en groupe. Et pendant un mois, C. a mieux géré son stress, et, vu du côté des professeurs, elle travaillait beaucoup moins, ce qui créait une ambiance plus relax et moins studieuse dans sa classe.

S. a fait un esclandre dont il est coutumier, mais visant, pour la première fois, nommément C., et la menaçant avec brutalité et grossièreté de la renvoyer pour « attitude portant atteinte à l’ambiance de la classe, due aux opinions de sa mère ». On ne pourrait imaginer délit plus mince et moins sanctionnable. La liberté d’opinion et à fortiori d’attitude, étant bien plus fondamentales que la liberté pour une bonne élève d’avoir un petit passage à vide temporaire au cours d’études brillantes.

C. sort alors de la classe et téléphone à sa mère qui vient la rechercher. A la suite de cela, S. lui écrit un mail ridicule, lui demandant de se soumettre. K. le déconseille à sa fille qui, en pratique, quitte l’école.

S. a eu tort d’« engueuler » C. C. a eu tort de téléphoner à sa mère. K a eu tort de venir rechercher sa fille.

S. aurait pu faire une courtoise mise au point en privé avec C.

C. aurait pu se rappeler qu’elle avait déjà assisté à des scènes pareilles de S., visant d’autres élèves, sans trop de réactions, ni de sa part, ni de la personne visée.

K. aurait pu dire à sa fille d’accepter la nature humaine des hommes et des groupes, qui font partie de la dure réalité sociale et humaine, et de négliger ce qui est négligeable. Mais cela ne faisait pas partie de ses idées. Pour K, quand un groupe menaçait d’exclure un de ses membres, c’était le groupe qui était coupable de sectarisme.

Chacun a eu tort, à des degrés divers, parce que chacun est responsable des conséquences prévisibles de ses actes.

Chacun, s’il avait réfléchi avant d’agir, connaissait tous les éléments pour imaginer les réactions du suivant.

S. ne pouvait ignorer que la sensible C. allait contacter sa mère qui la ramènerait à la maison pour étudier à domicile. C. ne pouvait ignorer que sa mère la ramènerait à la maison pour étudier à domicile. K ne pouvait ignorer qu’elle récupérerait sa fille pour qu’elle étudie à domicile.

Chacun a perdu de vue l’objectif premier de SN., qui était de dispenser ou recevoir un enseignement de qualité.

Conséquences : SN. a perdu un membre, S. a perdu une excellente élève, C. a perdu son groupe, K. a récupéré sa fille !

Tous coupables d’exclusion, sauf SN. !

Suite au prochain numéro….

Bisoux,

Arpentinops






mercredi 13 avril 2005

Abracadabra, suite.

Coupables ?

Peut-on être coupable d’avoir des opinions, des émotions et des réactions faisant tellement partie de la nature humaine ?!

Si S. n’était pas impulsif, indélicat, blessant, passionné de culture classique, père de famille, et irrespectueux de la législation scolaire, SN. n’existerait probablement pas.

Si C. n’était pas un « individu social » extrêmement sociable, sensible, intelligent, studieux, où la société de demain ira-t-elle trouver ses grands rouages, meilleurs que les précédents. Où nos meilleurs fistons iront-ils trouver leurs irréprochables épouses pour un mariage à l’église et en blanc ?

Si K. n’était pas issue des milieux sectaires les plus traditionnels, et donc sensible aux idées les plus sectaires en matière sociale, religieuse, politique et pédagogique, où les groupes les plus sectaires iraient-ils chercher leurs adeptes, dans quel groupe extrémiste Arpentinops trouverait-il des partenaires pour argumenter sans fin ?

Non, bien sûr, on ne peut être coupable d’avoir des opinions, des émotions et des réactions faisant tellement partie de la nature humaine ?!

Personne n’est donc coupable !

Tous acquittés ! Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes !

Qu’importe ! Surtout si tout cela permet des mises en questions et des expériences nouvelles et enrichissantes, un enseignement de qualité à domicile, et de longues et passionnantes conversations entre nous, qui n’avons quand même rien d’autre à faire !

Bisoux,

Arpentinops.

Écrit par : Arpentinops | 13/04/2005

Mi-temps ! Pause-coupables. Alerte aux bons sentiments. mercredi 13 avril 2005

Mi-temps ! Pause-coupables. Alerte aux bons sentiments.

Je prends bonne note ! Ce n’est plus tant la société qui est coupable. Dans ton dernier scénario, elle reste très neutre.

Par contre, à Schola, le fondateur d’une association honorable exerce son autorité parfois destructrice, hors de tout contrôle social, sous une argumentation pleine de bons sentiments.

Le groupe est donc victime de l’autonomie incontrôlable de son organe principal.

Pire, certains élèves, membres du groupe, sont aussi victimes du non-respect de règles sociales normales et de l’autonomie incontrôlée du fondateur.

Nous avons donc un individu, très autonome, qui se sert du groupe pour assouvir ses appétits de pouvoir, alors que ce groupe a été créé pour satisfaire des buts tout à fait honorables.

Il y aura du travail à faire pour rétablir le bon fonctionnement des organes sociaux. A moins que l’organe malade n’ait déjà contaminé de façon irréversible tout l’organisme. Chirurgie, chimio-ou-radiothérapie, amputation ? Les spécialistes et le patient s’interrogent !

Si la société n’est plus trop coupable d’exister, nous allons pouvoir nous attaquer aux vrais coupables, qui se trouvent le plus souvent lovés innocemment dans l’âme, les passions ou les bons sentiments de beaucoup d’entre nous !

Bisoux,

Arpentinops.

Écrit par : Arpentinops | 13/04/2005

La passion pour l’étude sauve plus qu’elle ne brise. jeudi 14 avril 2005

La passion pour l’étude sauve plus qu’elle ne brise.

J’ai discuté ce matin avec quelques mamans à Schola ce matin. J’adore les mamans ! Cette conversation m’a rappelé qu’on brimait les enfants dans beaucoup d’école, parfois beaucoup plus qu’à Schola.

Par ailleurs, Schola sauve certains enfants du conformisme d’autres établissements scolaires où ces enfants sombraient dans l’ennui et l’incompréhension. La passion des professeurs à Schola pour des matières passionnantes en sauve plus qu’elle n’en casse.

Enfin, quand un enfant super-intelligent perd néanmoins sa confiance en lui alors que le monde de la culture et de la connaissance lui sont ouverts tout grand, il faut parfois se demander si le problème n’est pas la fuite de la réalité dans des réalités de substitution, générés parfois par des produits très efficaces. J’ai vu plusieurs proches de ma famille, garçons et filles, probablement surdoués, sombrer vers 15 ans dans des habitudes de joints et perdre trois à quatre années de vie scolaire dans une douce hébétude enrobée dans de très intelligentes considérations sur la difficulté de vivre dans notre dure et imparfaite société. Cela ne concerne certainement pas C., mais peut-être certains qui « perdent cet éclat de joie et de bonheur dans les yeux et qui disent qu’ils ne croient pas en eux, qu’ils sont idiots, bêtes, imbéciles, que le futur de leur vie est catastrophique, et qu’ils ne réussiront jamais rien ». Les adultes proches ne veulent presque jamais voir que le problème psychologique et pas le problème toxicologique, l’un entraînant et renforçant l’autre, bien évidemment.

Dans ce cas, toute personne qui essaye de l’en sortir, souvent maladroitement, a le mauvais rôle, et une très petite chance de succès.

Écrit par : Arpentinops | 14/04/2005

par où commencer ? Remettons les choses simplement à leur place, les faits tels qu'ils sont.

Schola, son fondateur, sa directirce font un tout assez merveilleux pour les enfants par comparaison à d'autres écoles.
Mais aussi, certains élèves qui ont quitté Schola en cours de route reconnaissent aussi qu'ils sont en fin de compte assez heureux dans leur nouvelle écoles.

Et toutes les écoles ne sont pas lamentables, heureusement .
Et Dans Schola, si... si... ! on finit, comme dans les autres écoles par s'ennuyer aussi mortellement !
( D'où la déception des élèves à partir de la fin de la troisième, jusqu'à ce qu'ils retrouvent, en fin de 5 ème, un enthousiasme, enfin, de se retrouver à gérer eux-mêmes leur études. )
Et mettre dehors ceux qui mettent en garde contre cet ennui, ne change rien à l'ennui qui y est dans les dernières années !Il aurait peut-petre suffit de dire "oui, on s'ennuit, mais c'est ainsi, il faut l'accepter"

Le début est chouet, les liens amicaux deviennent de plus en plus solides, profonds et ce sont eux qui maintiennent les enfants à Schola au fur et à mesure que les années passent. Les professeurs sont tous admirables, même son directeur et sa directrice : des pédagogues hors pair dans leur matière ; proches, je trouve de ce que Jacotot dit....sauf quand la volonté devient autoritarisme.
Les cours de latin de St. font appel totalement à l'intelligence des enfants, surtout les deux premières années où il laisse la mémoire faire son travail, la recherche ( lorsqu'il demande aux élève dès le deuxième mois de première année d'écrire une petite rédaction en latin....), le dosage des matières reste raisonable, stimulant. Les deux premières années correspondent parfaitement à ce qu'il dit "apprendre dans le plaisir"

Et puis, petit à petit, quelque chose change.

Si je dis à Stéphane " les élèves disent qu'ils s'ennuient aux cours" il va engueuler Céleste et la rendre coupable de cet ennui.
Cela ne va plus, la brisure est là, toutes les bonnes raisons de Schola ne tiennent plus la route à cause de cela.

Entre temps, les élèves restants vont dire le contraire, que non, ils ne s'ennuient pas, que c'est vrai, Céleste se plaignait.
Mais oui, elle se plaignait, mais les autres aussi !
C'est clair qu'ils ne vont plus l'avouer, ils ont eu sous les yeux une engeulade qui leur sert d'exemple !
Tu crois qu'il y en a un seul qui avait envie d'être à la place de Céleste ? Non. Même pas ceux qui ont justifié que ce n'était pas si grave.
Ces engeulades publiques ne sont pas innocentes : elles intimident tout autre qui oserait un jour "faire " pareil : rechercher la vraie cause du déclin d'attention de toute une classe.
Alors probablement que maintenant, la classe se "porte mieux".
Grâce à une trouille phénoménale de se faire aussi engueuler ils se mettent tous à travailler plus dur qu'avant. Enfin, je n'en sais trop rien mais je suppose qu'ils travaillent mieux.
Mais on concluera : "en effet, depuis que Céleste n'est plus là tout va mieux" et on concluera que le seul qui est sous mon influence dira encore le contraire.
Au lieu de se dire qu'il est peut-être le seul qui reste honnête et intègre avec lui-même ?
Qu'il est de ceux qui resisteront plus tard (ce qu'il avait déjà fait dans d'autres écoles ), dans sa vie d'adulte, de ceux qui auront le courage un jour de rester franchement autonome ? Une race qui n'est pas très acceptée dans Schola ?
Je crainds mille injustices pour lui.......une race d'enfant qu'on risque peut-être de r casser, brimer, décourager dans ses entreprises, traiter de drogué, de paresseux car - l'excuse revient à chaque fois - " il faut qu'il s'adapte à la Société ! "

Ces méthodes d'autoritarisme qui consistent à chercher un coupable pour mettre tous les autres au pas...j'adore pas du tout !
Cela fait en fin de compte "parti" de l'enseignement offert à Schola, tant que le groupe accepte, pour les autres enfants que les siens, et pour ses propres enfants, c'est Schola qui est responsable.
J'aime pas trop qu'on enseigne cette façon d'agir, et comme c'est ainsi qu'on enseigne depuis un siècle au moins (et plus déjà ), c'est normal que notre société continue à agir comme cela partout, dans la vie familiale, dans le travail, dans les écoles, même les dites meilleures...qui ne sont donc plus les meilleures à cause de ça.

Je le redis : le groupe, la société, c'est chacun de ses membres qui la font. Et lorsque je dis " la société est coupable " cela comprend évidemment les membres qui la constitue.
Car une société peut changer. Cela s'est vu par l'exemple négatif. Je prend l'exemple d'une de mes préférée, la société amérindienne est devenue alcoolique, soumise, perdante. Elle ne fut pas comme cela. Elle reste la société amériendienne et pourtant elle n'a plus rien à voir avec ce qu'elle fut.

La preuve qu'une société peut-être coupable, ce sont tous les pardons qu'à fait le Pape au nom de l'Eglise.

Là où je te rejoinds, c'est qu'il ne faut pas se limiter à la Société comme seule Responsable sous prétexte qu'elle EST une société et nous désister de nos responsabilités et devoirs envers le changement souhaitable.
Ce queje fais, ce n'est pas m'exclure de la société, c'est la changer. J'ai ce pouvoir, nous l'avons tous. "On" nous fait croire que non............par la simple et iditote pharse: on ne chage pas une société. Donc, elle est coupable si elle ne peut pas être changeable. La seule et unique Chose qui ne se changera jamais, c'est la Vie. Attention, ne confondons pas avec l'existence, les différentes existences, les nombreuses existences qui se manifestent dans cette Vie Infine.

Donc, aux yeux de Stéphane Céleste et moi étions coupables, non pour lui, vis à vis de lui, mais pour tout Schola. Au nom de Schola, il menace Céleste, il préfère que Céleste ne fréquente plus Schola, de risque de destabiliser Schola. Schola est coupable tant, qu'en effet, soit ses dirigeants, soit ses membres acceptent ce mode de fonctionnement.
Si on gratte un peu, c'est probablement seulement son autorité qu'il veut défendre, mais il le fait en pensant qu'il défend Schola, une société.
Des " je ne sais qui " à l'Europe qui disent "votez oui à la Consitution, sinon l'Europe est foutue " agissent au nom d'une société (celle de l'Europe ) , ils la rendre donc coupable.

Toujours à propos de cette fameuse Constitution Européenne. Notre société, nourrie par toute son enfance ou "on" prend les décisions pour elle, ne va pas lire les horribles 800 et des de pages de cette Constitution écrites de façon compliquée ! Elle fait confiance à ceux qui disent " je sais pour vous " et donc, " on " risque de signer quelque chose qui pourrait être dramatique pour l'avenir de nos libertés diverses.
Pourquoi ?
Parce que notre société fonctionne sur le mode scolaire.
Absolument !
Et tu sais pourquoi ?
Parce qu'on confond "accepter l'autre" avec " subir l'autre sans broncher "
Accepter St. tel qu'il est fait que je lui pardonne en effet mais que je ne vois pas comment imposer à Céleste le risque de subir encore ce genre d'attitude s'appellerait "accepter l'autre".
Moi, tendre la joue gauche, je ne le fais pas ! Ce n'est pas accepter l'autre ça, c'est du masochisme idiot. Tout ça pour quoi ? Une fois de plus pour quoi ? Tu me réponds : un bon enseignement.
NON, pour PAS DU TOUT CELA : pour apprendre à nos enfants à fonctionner par la peur, voilà à quoi cela sert enfin de compte.
Pourtant, cela fait longtemps que les parents ne "punissent " pas par des fessées et autre coups de cravaches leurs enfants. Alors, tu vois bien qu'une société se changent si on dit "stop" à certaines attitudes.
Donc, arrêtons d'apprendre aux enfants qu'il n'y a qu'un seul moteur : la peur.



Écrit par : CatherineLS | 14/04/2005

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