07/02/2005

les premières conclusions

Ce sont les vacances de carnaval et Orian est parti avec son cousin pendant une semaine.
Céleste est restée ici mais sa semaine est déjà remplie de rendez-vous avec ses amis par ci, par là.
 
Un mois d'école à 100 % à la maison avec Orian vient de s'écouler.
 
Voici ce que je remarque déjà :
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Je rappelle que j'ai commencé à enseigner à Orian en septembre, dans le cadre de l'école de ma fille. Il y avait trois élèves dans notre petite classe. Nous avions une classe, un tableau noir, des horaires, des récréations.
Bref, tout comme dans une école.
Vers la fin novembre, Orian me demande de faire l'école totalement à la maison.
Nous la commençons après les vacances de Noël.
Et l'aventure de ce blog commence en même temps.
 
Tant que nous étions encore dans le cadre de l'école, de septembre à novembre, dès qu'une difficulté se présentait, Orian sombrait dans une déprime immédiate, crispant tous ses muscles, baissant la tête de façon à ne pas pouvoir voir son visage, il se trouvait au bord des larmes et n'écoutait plus rien.
Il se sentait mal face aux deux autres élèves, il se sentait "idiot" de ne pas comprendre quelque chose. Je leur expliquais :
- L'école n'est pas là pour prouver qu'on est intelligent ou pour prouver qu'on sait déjà tout. Il faut se tromper pour comprendre, parfois, ce n'est que comme cela qu'on peut comprendre. Donc, les enfants, n'ayez pas peur de vous tromper, de faire des fautes et surtout, de ne pas comprendre ! C'est à moi de trouver comment mieux expliquer pour que vous compreniez, ce n'est pas à vous de savoir, puisque je vous apprends quelque chose que vous ne connaissez pas.
Tant qu'il était dans un cadre scolaire, Orian a gardé ce reflexe " huître fermée" à chaque fois qu'il butait sur une difficulté ou  sur des fautes.
 
Les premiers jours d'école à la maison, ce fut encore ainsi.
Petit à petit, lorsqu'il a expérimenté que, vraiment, je ne voyais aucune honte - car Orian croyait que c'était honteux de ne pas comprendre - je ne le jugeais pas de ne pas comprendre, l'huître a disparu. (pourquoi pas de "e" à "disparu" " ? )
Ce qui a dû l'aider aussi, c'est que j'ai enlevé toute pression au point de vue de la matière.
La seule chose que je demande, c'est que nous travaillions de deux heures à deux heures et demie par jour. Parfois, il fait de tels efforts de compréhension qu'il n'arrive pas à travailler plus de deux heures par jour. Et je laisse tomber la demi-heure, la remplaçant juste par de la lecture qu'il me fait à haute voix.
Il y a une autre exigence que je lui impose : soigner son travail, son écriture.
Pour arriver à ce resultat, il me fallait abandonner la notion de rapidité dans l'apprentissage et dans la résolution d'exercices.  S' il doit prendre 30 minutes pour faire deux calculs, il prend 30 minutes, il soigne son travail , il essaye de comprendre. Ce sont là mes exigences. (ou : "mes exigences sont là ")
Je constate que cela le décontracte, de jour en jour, il traîne de moins en moins les pieds lorsque je l'appelle pour commencer la journée.
J'ai aussi laissé complètement tomber les cours par correspondance qui sont d'un ennui mortel !
Surtout les cours de français.
les maths, cela va encore mais tous les livres que l'on trouve dans les librairies sont très, très bien faits et il y a des dizaines de méthodes qui nous permettent vraiment d'avoir accès à ce qui convient le mieux pour un enfant.
En fin de compte, je recommanderais ceci à toute personne qui ne sait par où commencer :
il y a des livres-cahiers en mathématiques conçus pour chaque année scolaire et ces livres-cahiers accumulent toute la matière qui doit être connue.
Il suffit d'en acheter un seul et de le faire page après page, l'enfant aura accès au fur et à mesure à la matière qu'il doit apprendre. Rien n'empêche, si le cahier est vite rempli, d'en acheter un autre de la même année scolaire mais d'une autre édition et de faire en quelque sorte une révision à l'enfant.
Pour le français, c'est idem et surtout, là je vous conseille d'avoir le maximum de livres différents de grammaire. ils sont tous très, très bien conçus mais parfois, l'un explique mieux les adjectifs tandis que l'autre explique mieux les adverbes.
Ces livres de grammaire ont souvent chacun leur cahier d'exercices (avec les corrigés ) qui les accompagne.
Il suffit alors de se baser sur un livre-cahier précis à une année scolaire pour savoir quelle matière l'enfant doit connaître en grammaire.
 
Un outil de travail que je trouve vraiment excellent sont les cédéroms.
il y en a aussi de nombreux et je crois que tous se valent.
 
En fin de compte, ces cédéroms deviennent ma base essentielle car je constate qu'Orian aime énormément travailler avec cet outil.
D'abord parce que chaque exercice se présente seul sur l 'écran. Cela doit certainement aider Orian à ne pas se disperser.
Ensuite, en grammaire, j'ai toujours à côté de moi les livres de grammaire pour pouvoir donner un peu de théorie si cela s'avère nécessaire (bien que la théorie se trouve aussi sur chaque cédérom )
 
Je suis toujours à côté de lui, il n'est pour l'instant pas encore autonome. Mais je constate que cela l'aide car je le corrige à l'instant même de la faute, ce qui lui permet aussi de comprendre où est l'erreur dans son raisonnement.
Si la faute est corrigée, même dix minutes après, Orian a oublié son raisonnement antérieur et il n'assimile pas la correction.
Ce qui décontracte Orian et lui redonne le goût de travailler,c'est que j'ai abandonné toute leçon ou devoir ! Il n'y a pas d'interrogations, pas de devoirs, pas de contrôles. Ceux-çi se font spontanément au fur et à mesure que nous travaillons. Il assimile parfaitement petit à petit les  théories diverses qui sont simplement contrôlées par les exercices sur les cédérom.
 
J'ai surtout constaté un changement qui m'apporte une joie énorme : Orian ne se ferme plus du tout comme une huître depuis deux semaines, il aborde l'apprentissage avec curiosité et surtout, il accepte de ne pas comprendre ce qui est nouveau et il écoute avec cette petite flamme dans les yeux , que je ne voyais pas avant. Une petite flamme où je vois qu'il n'est plus du tout passif, (genre "ça m'ennuie, je n'écoute pas " ) mais où il devient actif et réfléchit au fur et à mesure que je lui explique les nouvelles théories.
Là où cela m'a frappée ce fut lorsque je l'ai initié au Master Mind (que l'on trouve sur le Net ). Ce jeu de logique n'est pas facile et demande de beaucoup réfléchir et se fait à base de déductions dites par la négative. (Cela veut dire "si ce n'est PAS ça et pas ça, et pas ça alors c'est peut-être ça" )
Dès les premiers mots d'explication, son regard avait plongé dans le "décrochage" comme je le dis à ma façon. "Compliqué: je ne fais pas l'effort"
Tout de suite, je lui ai dit : 
- Orian, ne t'inquiète pas, ce jeu est très difficile, petit à petit, tu comprendras.
Il n'est pas parti, il est resté et son regard a changé, je l'ai vu froncer un peu ses sourcils, se fixer sur le jeu et écouter simplement mon raisonnement fait à haute voix. Car je jouais en fait pour moi, j'adore ce jeu ! Je vérifiais de temps en temps : " tu comprends ? " "Non" me disait-il mais il continuait à observer le jeu. Et puis, il  m'a dit "oui, je comprends"
Il est parti jouer tout en restant dans la même pièce que moi et je continuais à raisonner à haute voix, râlant de temps en temps suite à mes erreurs. Alors, il venait voir pourquoi je râlais et me donnait des conseils. Le plus étonnant, c'est qu'il avait raison ! il avait en effet parfaitement compris le jeu !
En ayant une attitude de "partage" avec Orian, cela le décomplexe de tous ses complexes qu'il a accumulés à l'école car il n'avait jamais le temps d'aller au  bout de ses propres questions, et incompréhensions.
 
Je garde avec toutes les matières la même attitude qu'avec le Master Mind. Je ne le force plus à comprendre, je lui laisse le temps, d'abord de ne pas comprendre et puis, d'apprendre à son rythme. Cela le rend de plus en plus joyeux. Orian rit de plus en plus souvent, fait de nombreuses blagues à Céleste et Quentin quand ils rentrent de l'école,  il taquine à nouveau Philippe (mon compagnon ).
Cet enfant retrouve sa joie de vivre, celle qu'il avait bébé et que j'ai vu disparaître petit à petit dès qu'il a mis les pieds dans une école.
il y a entre nous une relation pleine de douceur et de confiance qui s'instaure, il n'y a plus aucune "résistance" qui se fait mais bien un détachement. C'est comme si un cordon ombilical se coupait sans heurt et sans douleur.Il est  paradoxal de constater qu'être toute la journée ensemble nous permet de nous "séparer" l'un de l'autre ! Ce qui  m'enchante le plus, c'est qu' Orian se confie, parle, explique ce qu'il pense, ce qu'il croit, pose des questions !
Avant, c'était le silence total. C'est par là que je vois qu'Orian se sent assez séparé de moi pour oser dire ce qui est en lui, sans avoir peur que cela nous "rattache" l'un à l'autre. C'est comme cela que je constate qu'Orian ose affirmer son identité propre à lui, qu'il ne doit plus la cacher ou l'ignorer, n'ayant plus peur qu'on la lui prenne, enfin libre de l'exprimer. 
 
 
 




10:21 Écrit par CatherineLS | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

orthogaphe ses, ci, blog, huître fermée, (je ne voyais aucune honte : que voulez-vous dire?), disparu, dû(dû, mû, crû-de croître-, redû, recrû), exigence et on impose une exigence, (pour cela..voir email reçu), S'il, calculs, son(adj.poss.), exigences, traîne, recommanderais(cond.), toute personne, mathématiques( on remet le's'), matière, rien, empêche, même,(Pour...la même chose..adverbes voir email), exercices, de nombreux, essentielle, grammaire, (si la faute est corrigée, même 10 minutes après, Orian a oublié son raisonnement antérieur...), ou devoir, ci, contrôlées, exercices, une huître, ça m'ennuie, initié, (déductions présentées négativement -je crois car je ne comprends pas très bien), son regard, ses sourcils, râlant, Il avait, ses complexes, incompréhensions, toutes les, Il y a, Il est paradoxal... Avez- vous reçu mon email ? Respectueusement à vous. J-M. S.G.D.G.

Écrit par : Jean-Marc | 10/02/2005

terriblement distraite, ce jour là ! Non, hélas, je n'ai pas reçu votre mail.
Je vous donne ici à nouveau mon mail et donc, le mieux c'et que vous me l'envoyiez une fois de plus.

Apparemment, j'étais dans un de ces jour où je suis très très distraite.
Il est vrai que je suis grippée depuis trois jours.
Cela ne m'était plus arrivée depuis 6 annnées. Bon, je me soigne sans médicament, avec de l'eau bouillante tout simplement.

Écrit par : CatherineLS | 10/02/2005

premier commentaire pas arrivé... cejour-là, un de ces jours, (il faut une virgule entre les deux ''très''), arrivé(accord avec le sujet).
Disparu reste invariable car c'est un participe passé employé avec avoir qui s'accorde avec le complément direct placé avant, or il n'y en a pas.
Mais excusez-moi, certaines fautes signalées n'ont pas été corrigées : son, recommanderais, de nombreux, 10 minutes APRES, ci, une huître, Il avait, Il y a
Je vais vous renvoyer un email. Soignez-vous bien. Respectueusement à vous. Et j'admire votre courage, soyez-en sûre.

Écrit par : Jean-Marc | 11/02/2005

autant pour moi ce jour-là. Je n'ai pas bien relu. Ne croyez-vous pas que je travaillerais plutôt par mail ? J'ai un peu honte car vraiment j'apprécie votre humilité et votre soif d'apprendre. Un vieux...

Écrit par : J-Marc | 11/02/2005

Je ne sais plus où ? Bonjour Jean-Marc,

je ne sais plus en fin de compte si j'ai corrigé les fautes ou pas. Je viens d'voir vérifié, en effet, j'en ai encore trouvé l'une ou l'autre dont vous me donner ici les remarques. Mais certaines, je ne les vois pas !
Il s'agit bien de celles se trouvant dans ce texte-ci ? (faut-il un trait d'union entre "texte" et "ci " ? )

Je vous remercie sincèrement, je vous avoue que c'est fantastique de comprendre, encore à mon âge - enfin ! - certaines règles de grammaire qui me semblaient franchement "du chinois" lorsque j'étais enfant !

Écrit par : CatherineLS | 18/02/2005

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