10/01/2005

les amis de ma fille

Quelle journée hier(dimanche ) !
 
Samedi, Céleste se sentait légère, heureuse, ayant passé une journée avec deux de ses amies, Marie et Mathilde qui toutes deux préparent leur petit jury, tout en étant élèves libres dans leur école respective.
Elles étaient là  à expliquer l'une et l'autre comment elles travaillaient, ce que Mathilde pouvait leur apprendre en mathématique qu'elle connaissaient déjà, Céleste, ce qu'elle pouvait apprendre en grec à Marie etc.....
Je me disais :  " voilà exactement ce que Madeleine dit et que je sais aussi ! Des enfants qui initient d'autres à ce qu'ils savent, des enfants qui travaillent ensemble, qui s'encouragent ensemble, pour le plaisir de s'entraider, pour la fièrté d'apprendre et de se dépasser seuls  et non pour réussir une leçon, un examen, "

J'avais le projet - je l'ai toujours - de m'adresser au Jury pour savoir si je peux entrer en contact avec d'autres enfants qui préparent eux aussi leur jury afin de créer un réseau.
 
Sur ce, des amis de ma fille, mis au courant via le père de l'une d'elle que j'avais prévenu de mon projet, se sont empressés de l'appeller du fond des montagnes.
Elle était boulversée, toute remuée.
Je déteste ce chantage aux sentiments mais bon.....c'est courant et elle rencontrera cela souvent.  Donc, ses amis la supplient de ne pas quitter l'école, lui montrant tout le côté noir du travail à la maison : " toute seule toute la journée rien qu'avec sa maman et son chien ! Et puis devoir travailler toute seule ? Comment elle fera ? Et puis, elle n'aura pas envie etc...." Enfin, bref, l'écho exact d'un état intérieur - celui qui démontre que seuls, les enfants pensent qu'ils ne sont capables de rien ! - que je veux justement éviter chez les miens.

 
La trouvant casiment en larmes, elle me raconta son dilemne, cherchant du réconfort, un appuis aussi. C'est sûr, je bouillonais  ! ( Sales gosses va !  ) Mais en même temps, je la comprenais si bien !
Ce que j'aime chez ma fille, c'est sa pureté à se confier, à avoir confiance en moi en fin de compte. Tant mieux, mais quelle reponsabilité ! J'esssaye de ne pas en abuser. Bien que tout enfant suit, comme elle le disait l'autre jour, ce que pensent leurs parents.
Il fallait que je respect mon voeux : lui laisser décider de ses choix et en même temps, contrôler mon besoin de la contrôler, tout en respectant mes rêves aussi, mes désirs.

  Elle m'a rappellé ses cauchemards qu'elle fait ses derniers jours: le chagrin de ne pas dire au revoir à ses amis, ou le chagrin de quitter l'école, c'est à dire ses amis.
 
Nous avons donc une fois de plus discuté afin de l'aider à voir ce qu'elle veut , au fond d'elle, maintenant.
 
Haaa, ce ne fut pas facile pour moi car je dois avouer que je me réjouis de faire l'école à la maison mais aussi, je me réjouis que Céleste fasse ces choix elle-même.

 
Nous avons pensé à tout !
De retourner à l'école et de n'y aller que quand cela lui chante, que pour les amis, que pour ne pas "être seule la journée". Ne travaillant que si cela lui chante. Mais au fond, non, moi, cela ne me plaisait pas, je trouvais que c'était un compromis pas très net, pas très honnête, c'était faire "injure" à ces capacité intelectuelles.
C'était tout le contraire de ce que je propose en faisant l'école à la maison pour justement permettre à ces capacités intellectuelles d'être exploitées en calme et tranquilité. Et puis, je trouvais que c'était payer cher juste pour le besoin d'être avec ses copains,"pas seule" pendant "toute" la journée ! 325 euro par mois.
Non, lui ai je dis, cela ce sont presque des caprices d'enfant gâtée. Elle était d'accord : " en plus Maman, c'est impossible pour moi de ne ne pas essayer de travailler, je me sentirai mal à ne rien faire à l'école ".
Ce qui me frappe aussi, c'est ce sentiment qu'on les autres enfants par rapport à la présence de leur parents : être seuls avec eux, quel ennui !
Alors qu'un des argument que Céleste avait dit il y a quelques jours "  Maman, je serai enfin un peu plus avec toi. Après, je serai grande et je partirai quand même. j'ai encore envie de profiter de te voir "
La remarque de ces amis "seule avec ta mère et ton chien " est éloquente.
C'est vrai, je me sens un peu sotte en entendant cela car je sais que ce sera le plus difficile pour mes enfants. Je comptais, et je compte toujours pour Orian, rémédier à cela et créer le plus possible des relations "extra-scolaire".
il y a les cours de cinéma qui commencent ce mercredi, il y a le flamenco et Orian, doué pour la musique et la danse, va avoir plus de guitare et de danse. C'est clair que ce n'est pas toute la journée avec des "compagnons d'infortune" qui deviennent de vrais amis, mais ce sont quand-même des amis, des amis de "fortune" justement  !
En tout cas, je lui ai expliqué ceci :
- " Je ne comprends pas les amis qui disent qu'on ne peut se voir que assis, les derrières sur les même bancs, pour pouvoir se voir ? Iphi, tu la connaissais bien avant d'être dans la même école, cela ne vous empéchait pas de vous voir et de vous aimer ! Donc, si ils disent qu'il n'y a qu'à l'école que vous pouvez profitez de votre amitié, après , quoi ? Quand l'école est finie , vous ne vous voyez plus ? Pourquoi faut-il alors attendre une année ? Juste pour repousser cette échance d'une année ? Comme si à ce moment là "être toute seule toute la journée " c'est moins grave ? "
J'ai du mal à comprendre ce " toute seule à étudier " car il était prévue de faire appelle à des étudiants, passionnés, dès que la moindre difficulté un peu trop compliquée se présentait dans certaines matières.
Bon, cela sont mes réflexions d'adulte qui a déjà fait son boût de chemin. Mais voilà, la sociabilisation, c'est aussi connaître la réflexion de TOUS !


Nous avons pensé que de toute façon rien n'empéchait les amis de venir à la maison, après l'école puisqu'un des élève, Quentin, reste encore interne chez moi. Cela peut en effet se faire. tout dépendra de la bonne et sincère volonté des amis.

MOi, j'avais vraiment envie qu'elle retrouve son enthousiame de hier mais chaque jour apporte sa "nourriture" et il faut la digérer.
Céleste a opté pour cette solution là ( et elle vient réellement d'elle ! ) : retourner à l'essai à Schola pendant, au moins, un mois.
Je suis d'accord, je trouve cela honnête et puis, je tiens à la soutenir dans ce qu'elle choisi, même si ce n'est pas mon rêve !
Mon rêve profond, c'est que mes enfants apprennent à faire leurs choix.
Voilà, c'était l'occasion d'apprendre.
Elle décide que de toute façon, l'année prochaine, elle fera cette expérience de l'école à la maison.


09:48 Écrit par CatherineLS | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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